vendredi 28 décembre 2007

L'hôtel de Rohan


J'avais commencé l'année par la description de l'hôtel d'Assy (voir ce billet), je l'achève aujourd'hui par celle de l'hôtel de Rohan situé dans le même quadrilatère du Marais, une aire de près d'un hectare qui abrite encore, pour un temps, les Archives nationales avant qu'elles ne prennent le train pour la banlieue nord de Paris (voir notre locomotive nommée Pierrefitte).

C'est le premier cardinal de Rohan qui attacha le nom de sa famille à cet hôtel construit par Pierre-Alexis Delamair sur les terrains acquis en 1705 au niveau de la rue Vieille-du-Temple.

(Hôtel de Rohan en 2 sur l'image de cette maquette,
en 1 la cour de l'hôtel de Soubise, rue des Francs-Bourgeois).

Pour donner au nouvel hôtel une entrée digne de lui, Delamair changea l’orientation du bâtiment en plaquant une nouvelle façade. C’est à Germain Boffrand que fut confiée la décoration intérieure, véritable chef d’œuvre de l’art rocaille, imitée dans toute l’Europe et admirablement conservée de nos jours.

L'hôtel est donc resté tel que le premier cardinal le fit construire. Sur les jardins, une grande façade monumentale avec un premier étage très élevé et un étage d'attique où se voyaient autrefois les armes du propriétaire. Sur la rue s'ouvre une cour arrondie dont le passage à gauche menait à la cour des écuries (aujourd'hui l'atelier de menuiserie) et celle de droite sur deux abreuvoirs surmontés du fameux bas-relief des Chevaux du Soleil (dont un moulage est conservé à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine à Chaillot). Ce bas-relief, postérieur aux premiers travaux de l'hôtel, est l'œuvre de Robert le Lorrain.

(les Chevaux du Soleil)

Quatre autres maisons furent acquises à cet emplacement par le cardinal entre 1714 et 1731, il y fit bâtir des communs et des boutiques (aujourd'hui ce sont les bureaux d'une partie des Missions).

Les grands appartements du premier étage de l'hôtel de Rohan comprennent d'abord une grande antichambre de cinq fenêtres ornée autrefois de onze portraits (aujourd'hui on y tient de temps à autre des colloques ou des journées d'études). La salle de compagnie qui suit a conservé quelques boiseries sculptées blanc et or et quatre médaillons représentant La Guerre, Les Travaux des champs, La Vendange et La Musique; les dessus de portes sont inspirés de l'Enéide (La Colère de Neptune, Vénus recevant Vulcain, etc.). Enfin l'enfilade se termine par le fameux Cabinet des Singes dont la décoration, œuvre de Christophe Huet, était du "goût chinois", un goût exquis qui vaut vraiment le détour…mais hélas, l'accès de ce Cabinet est interdit aux visiteurs sauf pendant les Journées du patrimoine où en visitant les expositions temporaires qui y sont installées ou encore sous la conduite des guides conférenciers (ouvert uniquement le dimanche après-midi, réservation obligatoire).

Bon, je ne vais tout de même pas vous faire tout le tour du propriétaire sauf pour vous indiquer que dans la chambre à coucher du cardinal, au dessus des portes, se trouvaient deux toiles de Boucher, Le Moulin à eau et La Mare (datées vraisemblablement de 1751) et aujourd'hui conservées au Louvre.

Sous la Révolution, l'hôtel de Rohan subit le même sort que son voisin l'hôtel de Soubise. L'ensemble du domaine des Rohan-Soubise fut placé sous séquestre lors de l'émigration des héritiers et servit à de multiples usages, puis fut acquis par l’État par le décret impérial du 6 mars 1808 (on fêtera donc en 2008 son bicentenaire, mais ceci est une autre histoire…).

Napoléon Ier affectera l’hôtel de Soubise aux Archives impériales et l’hôtel de Rohan à l’Imprimerie nationale qui y demeura jusqu’en 1927. Le musée de l’histoire de France fut installé dans l’hôtel de Soubise par Napoléon III en 1867.

Quant à l'hôtel de Rohan, désormais propriété des Archives nationales, il accueillera de grandes expositions historiques, des expositions temporaires, des conférences, des concerts (concert des Jeunes talents par exemple), des visites guidées, etc. Aujourd'hui il abrite une partie du personnel de la section du XIXe siècle (au rez-de-chaussée) et de l'ensemble de la section du XXe siècle (aux étages).

jeudi 27 décembre 2007

Des lettres anonymes aux Archives


Après les plumes de pigeons, le poignard, la pantoufle et le crâne trouvés dans des cartons d'archives (voir ces anciens billets) voici plus modestement des lettres anonymes d'une affaire pour laquelle nous avons identifié les pièces à conviction au regard du dossier d’instruction (conservé dans la sous-série Z/3/65, dossier 7). Ces billets anonymes ont été (d'après l'instruction) envoyés par un nommé Antoine Pignard-Duplessis, diacre d’office à Saint-Gervais de Paris...

Plusieurs billets anonymes avaient été trouvés dans l’église Saint-Gervais contre le premier vicaire Destrevaux et les deux sacristains Huré et Pluyette ; l’un d’eux était ainsi rédigé : "On recommande à vos prières trois filoux qui soulèvent tout l’argent du bon curé Veytard. Ces quatre filoux sont Destrevaux vicaire, Pluyette sacristain de la petite sacristie, Huré sacristain de la grande sacristie."

En janvier 1787, le curé les remit à deux experts en écriture qui conclurent, pièces de comparaison à l’appui, que l’auteur des billets était un certain Antoine Pignard-Duplessis, diacre d’office à Saint-Gervais. L’affaire resta sans suite jusqu’à la fin de septembre 1787 où Pignard-Duplessis fut convoqué par l’archevêque qui lui signifia l’ordre de quitter Saint-Gervais pour mettre fin au scandale que suscitaient ces billets anonymes dans la paroisse et la communauté des prêtres. Pignard-Duplessis jura qu’il n’en était pas l’auteur.


(Mots croisés sur Detrevaux qui devient
tour à tour Délateur et Dupeur,
Envieux, Trompeur, etc.)

Mais deux nouvelles lettres anonymes du 16 février 1789, injurieuses contre Veytard et Detrevaux, suscita une autre expertise en écriture qui reconnut également Pignard-Duplessis comme l’auteur de la lettre. Bien qu’il semble avoir été soutenu par les marguilliers, Pignard-Duplessis fut destitué de sa place de diacre d’office en juin 1789 ; il porta plainte alors au Châtelet contre le curé et le vicaire le 2 juillet 1789.

Une information fut faite au Châtelet en décembre 1789 avec une troisième expertise qui concluait comme les précédentes que le plaignant était l’auteur des billets et de la lettre anonymes. Le procès auquel donna lieu l’affaire fut instruit d’abord au Châtelet, puis poursuivi au 4e tribunal criminel provisoire de Paris.

Mais, entre-temps la Révolution avait éclaté. Pignard-Duplessis se fit remarquer comme aumônier d’un bataillon de la garde nationale et fut élu électeur du département de Paris de 1790 à 1792. Il prêta serment en janvier 1791 et se déprêtrisa dès 1792 .

De son côté, Veytard avait été élu député du clergé de Paris aux États généraux ; effrayé par la tournure des événements, il cessa d’assister au séances de l’Assemblée constituante à l’automne 1789, ne jura pas et émigra en Belgique dès janvier 1791.

Le Châtelet ayant été supprimé, l’affaire Pignard-Duplessis fut renvoyée à l’un des tribunaux criminels provisoires de Paris qui annula la procédure du Châtelet pour vice de forme en octobre 1791 et recommença l’information en février 1792. Cette fois, les deux experts commis d’office affirmèrent que les écrits anonymes n’étaient pas de la main de Pignard-Duplessis ; celui-ci fut donc déchargé de l’accusation le 27 mars 1792 (Z/3/60, jugement du 27 mars 1792).

Les Archives nationales regorgent de pièces insoupçonnées. Comme le suggère justement mon collègue Pierre B., étant donné la multiplicité des questions que soulève la présence de ces pièces à convictions, nous tenons à dire que celles-ci sont en quelque sorte orphelines et attendent leur historien. Derrière ces objets il y a des textes qui en disent long sur les êtres auxquels ils ont appartenu. Parvenir à établir un lien entre ces objets et ces textes est un exercice délicat, parfois impossible. En leur donnant la parole, en les sortant de leur boîte, nous tenterons de les faire revivre et leur donner leur sens plein au sein d’un système judiciaire complexe dont nous avons entre les mains, au delà des objets, un pan entier de la vie privée des femmes et des hommes de la fin du XVIIIe siècle à Paris. Sachons les faire parler !

lundi 24 décembre 2007

Julien Gracq


De mes lectures de Julien Gracq, je l'avais imaginé solitaire, retiré du monde et libre et il est resté ainsi jusqu'à fin, à la veille d'un Noël 2007, presque centenaire semble-t-il.

Longtemps je me suis délecté de sa description du monde. Un monde naturel mais curieusement fantastique, un monde au-delà du réel, d'apparences et presque dépourvu de rationalité mais tellement rempli de fées de toutes sortes.

Toute son œuvre est poésie. Son univers, c'était le silence mais aussi la bruyante ville, c'était aussi le calme paysage, la forêt, l'eau dans tous ces états (la pluie, le brouillard, la neige, la glace) mais aussi la mer, les ports, les villes de bord de mer...

Quelques petits extraits : d'abord les Carnets du grand chemin dans sa description de la pinède froissée, mmmm !

Au-dessous d’un certain seuil où le vent fraîchissant éveille par contagion la pinède toute entière au froissement de la mer voisine, le silence dans un bois de pins se fait d’un seul coup et prend une tonalité minérale.

Un balcon en forêt ensuite :

[Le] jour blanc et sans âge qui suintait de la terre cotonnait sur le plafond l’ombre des croisées […] la chambre, la maison entière semblaient planer sur une longue glissade de silence – un silence douillet et sapide de cloître, qui ne s’arrêtait plus.
[…] Le silence respirait autour de lui plus subtil sous cette lumière luxueuse […]
La lune s’était dégagée : au fond de la trouée des arbres, la pente de la clairière se givrait d’une lumière froide, minérale, toute ocellée par l’ombre d’encre des jeunes sapins assis sur l’herbe [..] on eût dit que le monde tissé par les hommes se défaisait maille à maille : il ne restait qu’une attente pure, aveugle, où la nuit d’étoiles, les bois perdus, l’énorme vague nocturne qui se gonflait et montait derrière l’horizon vous dépouillaient brutalement, comme le déferlement des vagues derrière la dune donne soudain l’envie d’être nu.

Sortir des extraits du Le rivage des Syrtes serait une gageure, essayons tout de même :

Aussi loin que l'œil portât, à travers la brume liquide, on n'apercevait ni un arbre ni une maison. L'aube spongieuse et molle était trouée par moment de louches passées de lumière, qui boitaient sur les nuages bas comme le pinceau tâtonnant d'un phare. L'intimité suspecte et pénétrante de la pluie, le tête-à-tête désorientant des premières gouttes hésitantes de l'averse calfeutraient ces solitudes vagues, exaspérant un parfum submergeant de feuilles mouillées et d'eau croupie; sur le feutrage mou du sable, chaque goutte s'imprimait avec une netteté délicate, comme on distingue de la pluie les grains plus vivants qui s'égouttent du feuillage. Sur la gauche, à peu de distance de la route, la mer de joncs venait border des vasières et des lagunes vides, fermées sur le large par des flèches de sable gris où des langues d'écume se glissaient vaguement sous la brume.
…à en perdre la raison je vous dis !

Pour finir le réveil de l'écrivain ou l'art de passer de la couette au bord de mer !

Il y a dans notre vie des matins privilégiés où l'avertissement nous parvient, où dès l'éveil résonne pour nous, à travers une flânerie désœuvrée qui se prolonge, une note plus grave, comme on s'attarde […] quelque chose comme une alerte lointaine se glisse jusqu'à nous dans ce vide clair du matin plus rempli de présages que les songes; c'est peut-être le bruit d'un pas isolé sur le pavé des rues, ou le premier cri d'un oiseau parvenu faiblement à travers le dernier sommeil; mais ce bruit de pas éveille dans l'âme une résonance de cathédrale vide, ce cri passe comme sur les espaces du large, et l'oreille se tend dans le silence sur un vide en nous qui soudain n'a pas plus d'écho que la mer...

Mort d'un poète.

jeudi 20 décembre 2007

BB/9

( dossier de Chassen, commissaire-priseur
nommé le 24 octobre 1891 à Marseille
en remplacement de Hubert, démissionnaire)


Après les premières sous-séries du fonds judiciaire des Archives nationales (voir BB/1 à BB/8), voici celle intitulée officiers ministériels : avoués, huissiers, commissaires-priseurs en BB/9 pour laquelle les dates extrêmes des documents sont de 1791 à 1925 environ. Elle mesure 450 mètres linéaires pour 2569 articles et elle est librement communicable, sauf les dossiers de personnel communicables 120 ans après la date de naissance (en attendant la nouvelle loi sur les Archives qui diminuera ce délai). Les documents sont produits pour la plupart par la Direction des Affaires civiles (puis par la Direction du personnel).

Histoire des producteurs
Les officiers ministériels ont un droit de propriété sur leur charge et la lèguent ou la vendent au candidat capable de leur choix, sous réserve de l’agrément du gouvernement. Chaque remplacement d’officiers ministériels donne donc lieu à la constitution d’un dossier individuel de présentation au ministère de la Justice. Actuellement nommés par le ministre de la Justice, les officiers ministériels étaient nommés auparavant par le chef de l’État. Il est difficile de préciser avec exactitude les bureaux producteurs des dossiers des officiers ministériels puisqu’à plusieurs reprises, selon les variations des attributions et des structures internes du ministère de la Justice, les tribunaux de commerce, les officiers ministériels passent des Affaires civiles à la Direction du personnel, ou à ce qui en tient lieu. Ce n’est qu’à partir de la Troisième République qu’un "bureau du notariat et des officiers ministériels" se met en place (devenu par la suite, à partir de 1945, le "2e bureau chargé de la législation et le contrôle des professions" et enfin la "division des professions" puis la "sous-direction des professions" depuis 1992).
On trouvera ci-dessous les renseignements sur l’origine, l’évolution et les fonctions des officiers ministériels.
  • Les avoués avaient remplacé les procureurs en 1791 ; supprimés par le décret du 3 brumaire an II, ils furent rétablis par la loi du 27 ventôse an VIII. Depuis 1972, il n’existe plus que des avoués d’appel, auprès des cours d’appel. Ils sont chargés de représenter les parties pour les actes de la procédure écrite.
  • Les huissiers ont été réorganisés par la loi du 27 ventôse an VIII et par le décret du 14 juin 1813. Ils sont chargés de la signification des actes de procédure, de l’exécution des décisions de justice et du service intérieur des tribunaux.
  • Sous l’Ancien Régime, les fonctions de commissaire-priseur étaient unies à celles d’huissiers, avec les huissiers commissaires-priseurs au Châtelet de Paris. La profession fut recréée, séparément, d’abord à Paris par la loi du 27 ventôse an IX, puis dans les autres villes par l’ordonnance du 26 juin 1816. Jusqu'à ces dernières années, ils avaient le monopole des ventes aux enchères.
  • Les avocats au Conseil d’État ont été créés par décret du 11 juin 1806. Devenus avocats aux conseils du roi depuis l’ordonnance du 29 juin 1814, ils ont fusionné avec les avocats à la Cour de cassation par l’ordonnance du 10 septembre 1817, sous le titre d’avocats aux Conseils du roi (plus tard au Conseil d’État) et à la Cour de cassation. Ils exercent conjointement les fonctions d’avocats et d’avoués auprès de ces juridictions.
  • Les officiers ministériels furent établis successivement en Algérie, en Tunisie et au Maroc avec des particularités locales : ainsi, ils ne jouissaient pas du droit de présentation de leur successeur. En outre, certaines catégories étaient spécifiques à l’Afrique du Nord, comme les interprètes judiciaires, les défenseurs (cumulant les fonctions d’avocat et d’avoué).
Histoire de la conservation

La sous-série BB/9 a été constituée par une succession de versements entre 1827 et 1944. D’autre part, les 23 liasses (BB/9/165 et BB/9/2495 à 2509) provenant des versements de 1941 et de décembre 1943-janvier 1944, sont, vraisemblablement, des résidus ou des fonds de bureaux, concernent les officiers ministériels entre 1813 et 1909. En outre quelques liasses ont dû être formées avec des documents pris dans un versement fait, en 1834, de 110 articles relatifs à l'organisation judiciaire sous le Consulat et l'Empire.


Présentation du contenu

La sous-série BB/9 concerne les officiers ministériels, c'est-à-dire les avoués, huissiers et commissaires-priseurs mais aussi les dossiers de présentation des avocats au Conseil et à la Cour de cassation, puisqu'ils remplissent les fonctions d'avoué à la Cour de cassation. Elle comprend deux parties marquées par une différenciation dans les cotes : BB/9 et BB/9/I.

1. La première partie (BB/9), qui se rapporte presque entièrement à la nomination des avoués, huissiers et commissaires-priseurs, est composée surtout des dossiers de présentation des candidats, établis au moment de leur nomination pour la période 1814-1925. Ces dossiers sont classés par tranches chronologiques brèves (annuelles généralement) et à l'intérieur de chaque tranche par cours pour les cours et par départements pour les tribunaux de première instance. Les dossiers des officiers ministériels d'Algérie forment un petit groupe distinct, qui est à compléter avec les dossiers contenus dans BB/6.
2. La seconde partie (BB/9/I) conserve les dossiers relatifs à la fixation du nombre des officiers ministériels (mais avant 1833 il faut se reporter aussi à la première partie de la sous-série).


Instruments de recherche : voir l’état des inventaires sur le site des Archives nationales

Sources complémentaires
Autre partie du même fonds aux Archives nationales (Paris), les dossiers de présentation des avoués, huissiers et commissaires-priseurs postérieurs à 1925 se trouvent dans le groupe d'articles BB/10/2950 à 3487.

Prochaine présentation, BB/10 Notaires

vendredi 14 décembre 2007

Kayomars et sa cour de paradis

(Kayomars et sa cour de paradis, exposée en ce moment au Louvre)

Aujourd’hui vendredi 14 décembre 2007 à 12h30 je vais assister à l’auditorium du Louvre à une conférence sur Kayomars et sa cour de paradis par Souren Melikian, directeur de recherche émérite, CNRS.

Réalisée avec une grande minutie à la gouache, à l’or et à l’encre sur papier, vers 1522-1525 par Sultan Muhammad, il dépeint la cour de Kayomars, premier shah de Perse. Cette page d’une spiritualité intense recèle de détails, personnages, animaux et végétation, dans un paysage montagneux d’une superbe harmonie chromatique, ce chef-d’œuvre de la peinture de manuscrit, provenant de la collection Aga Khan, sera analysé en direct par cet éminent spécialiste des arts de la Perse.

Je vais en savoir plus tout à l’heure et je rédigerai à nouveau ce billet…
....................

Donc voilà, la salle était pleine à craquer mais la conférence a tout de même commencé à l'heure dite.

Cette page, où l'on voit le roi du monde et de l'Iran est Keyomars ou Geyomars (selon les écritures) trônant au milieu de sa cour, a provoqué une profonde impression sur les grands maîtres du temps. Elle ouvre le cycle des 258 peintures du Shah Nameh (Livre des Rois) exécuté par ordre de la bibliothèque royale de Shah Tahmasp entre 1524 et 1539 et aujourd'hui éparpillées entre plusieurs collectionneurs et musées américains et iraniens. Cette célèbre peinture, attribuée à Soltan Mohammad, est impressionnante, elle mesure une trentaine de centimètres (le folio entier fait 47 cm).

Inutile de s'étendre sur le célèbre Shah Nameh, il suffit de se documenter sur la toile pour se rendre compte de l'importance qu'a joué ce livre versifié dans la société persane. Notez cependant que les personnages de ces peintures n'illustrent jamais le texte mais sont la réponse du peintre à son thème. Le passé devient ainsi la métaphore de l'instant présent. Le Shah Nameh ne donne aucune précision sur Keyomars. Les vêtements taillés dans des peaux de léopard et l'emplacement du trône dans la montagne sont les seuls renseignements précis qui, comme on vient de le dire, ne sont aucunement dictés par le récit. Les visages ovales aux sourcils arqués et à la bouche menue renvoient à l'archétype de la beauté idéale de la haute époque, celui du "Bouddha au visage du lune". Les personnages sont disposés en cercle selon l'antique tradition de la création de l'univers.

Mais plus que les détails, c'est l'atmosphère féerique, traduisant la perception du commencement de l'histoire persane, qui est remarquable (j'ai passé plus d'un quart d'heure à contempler tous les menus détails sur l'orignal exposé au Louvre jusqu'au 7 janvier 2008…ensuite il va falloir aller à Toronto pour la voir !).

Dans cette peinture, le ciel est d'or, c'est le monde céleste ; les nuages stylisés qui entourent l'aire centrale sont associés dans la tradition iranienne à la période du nouvel an qui commence le premier jour du printemps (nowruz), c'est donc le nuage de printemps (abr-e-nowrozi). Ce début du monde (et même de l'univers !), est signifié comme un âge d'innocence merveilleux (au reste on le voit bien par ces lions paisiblement installés en bas, au milieu, sans menacer leurs proies habituelles que sont les daims et les gazelles) et démontre que dans le royaume soumis à la justice du roi parfait, les ennemis naturels ne se déchirent pas enter eux…

Beaucoup de choses ont été dites par le conférencier, très habile et doté d'un grand humour, mais bon, je ne vais tout de même pas vous refaire la conférence…

Notons cependant que cette peinture de manuscrit est la seule du Shah Nameh de Shah Tahmasp dont on retrouve l'écho dans les sources persanes su temps. Il faut se dépêcher de la voir ! les artistes du The Prince’s School of Traditional Arts de passage à Paris (voir notre billet) sont venus exprès de Londres et ont passé une heure à la contempler !

lundi 10 décembre 2007

Consultation et annotation collaborative des décrets de naturalisation de 1883 à 1930

(première page du décret du 6 janvier 1883 :
le numéro du dossier est indiqué dans la marge à gauche,
ici pour le nommé Mory, 3847 X 82)

Ce matin nous avons présenté à tous les présidents des salles de lecture et d'inventaires des Archives nationales (une bonne quinzaine de participants) une application que nous comptons bientôt mettre en consultation sur internet. Il s'agit de la plate-forme de consultation et d'annotation collaborative des décrets de naturalisation de 1883 à 1930 dévelopée par la société Evodia (anciennement Irisa) . Le terme "décrets de naturalisation" est générique puisqu'il s'agit en fait des décrets relatifs à des procédures en rapport avec la naturalisation proprement dite : admissions à domicile, autorisations de servir ou de se faire naturaliser à l'étranger, réintégrations dans la qualité de français, etc. On peut aussi rencontrer des décrets, également rendus par le ministère de la Justice pendant la même période, relatifs à des changements de nom, à des concessions de titre ou d’armoiries, décrets, etc.

Rappelons que l procédure de naturalisation produit deux types de documents :
1. Les décrets de naturalisation, listes officielles des personnes qui ont obtenu la nationalité française à une date précise. Cette collection originale de ces décrets est conservée aux Archives nationales (ils sont par ailleurs publiés au Bulletin officiel puis, à partir de 1924, au Journal officiel).
2. Les dossiers de demandes de naturalisation, qui comportent toutes les pièces réunies par l’administration pour l’instruction d’une demande. Les dossiers sont conservés et consultables sous forme d’originaux aux Archives nationales (sous-série BB/11). Mais l'accès à un dossier nécessite d’avoir son numéro de dossier (exemple : 8654 X 89), qui ne figure que dans le décret original, d'où l'utilité de cette plate-forme de consultation et d'annotation que nous avons nommé NATNUM car elle concerne les images numérisées des décrets de naturalisation.

(plate-forme de consultation et d'annotation collaborative
des décrets de naturalisation ou comment la notice
concernant le nommé Mory a été annotée en haut à droite)

Lorsque cette application sera sur internet les annotations mutualisées (informations telles que les nom, prénom, date et lieu de naissance du bénéficiaire et de son conjoint éventuel, numéro du dossier indiqué dans la marge gauche de chaque acte sur le modèle suivant : 1656 X 84…) de tous les internautes assureront, à terme, l’interrogation de la base par nom de personne et plus seulement par date de décret.

Pour l'instant, en attendant la réponse de la CNIL, on ne peut qu'interroger et collaborer (en annotant) cette application qu'en intranet (sur le site des Archives nationales à Paris).

vendredi 7 décembre 2007

BB/8

(les voisines devant le juge de paix, Honoré Daumier)

Voici BB/8, une énorme sous-série, 3060 articles environ représentant 42 mètres linéaires. Il s'agit essentiellement de dossiers de personnels de l'an IX-1960, librement communicable, sauf les dossiers de personnel (120 ans après la date de naissance) et les documents contenant des informations relatives à la vie privée communicables après un délai de 60 ans.

Histoire des producteurs :
Les justices de paix ont été l’un des héritages durables de la justice révolutionnaire. Organisées par la loi des 16-24 août 1790, à raison d’une par canton, elles étaient composées d’un juge de paix et d’assesseurs élus pour deux ans (puis pour trois ans à partir de la constitution du 22 frimaire an VIII) et rééligibles. Les lois du 8 pluviôse et du 29 ventôse an IX entamèrent leur réorganisation en réduisant considérablement le nombre de cantons et, par conséquent, de justices de paix, et en supprimant les assesseurs, remplacés par des suppléants. Le suppléant n’intervenait qu’en cas d’empêchement du juge de paix, devenu juge unique. À partir du sénatus-consulte du 16 thermidor an X, les juges de paix et leurs suppléants furent nommés par Napoléon Ier pour dix ans sur présentation d’une liste de deux candidats élus par les assemblées de cantons. Avec la Charte du 4 juin 1814, les juges de paix furent désormais nommés pour une durée illimitée, mais révocables. Pendant la plus grande partie du XIXe siècle, les juges de paix étaient des notables, et non des magistrats professionnels. Les greffiers étaient officiers ministériels et fonctionnaires.

Les justices de paix furent organisées en Algérie, puis en Tunisie, enfin au Maroc, sur le modèle des justices de paix de métropole. Le personnel des justices de paix des autres colonies relevait du ministère qui avait en charge les colonies ; le décret du 25 août 1947 étendit l’organisation judiciaire et le statut du personnel métropolitain à la Guadeloupe, la Guyane française, la Martinique et la Réunion.

Une ordonnance du 22 décembre 1958 a supprimé les justices de paix en les remplaçant par des tribunaux d’instance.

Histoire de la conservation :
Les versements effectués en janvier 1938, en décembre 1943-janvier 1944, en octobre-novembre 1958, le 4 juillet 1961 et le 26 octobre 1965 ont fait entrer aux Archives nationales les dossiers des années 1895 à 1958, cotés BB/8 1391 à 3057 (les dossiers de juges de paix pour les années 1879 à 1894 ont été détruits au ministère de la Justice).

Présentation du contenu :
La sous-série BB/8 concerne les justices de paix et leur personnel : juges de paix, suppléants et greffiers ; une grande partie de la sous-série se compose des dossiers de présentation des juges de paix, de leurs suppléants et de leurs greffiers, établis au moment de leur nomination. Chaque remplacement de juge de paix ou du suppléant donne lieu à la constitution d’un dossier individuel de présentation au ministère de la Justice. Ces dossiers sont classés par tranche chronologique brève (généralement annuelle) et à l'intérieur de chaque tranche par département. Pour l'Algérie et les colonies, une partie des dossiers est insérée à la suite de ceux de la métropole dans la tranche chronologique correspondante, une autre partie forme un groupe séparé.

La fonctionnarisation des juges de paix dut intervenir entre 1879 et 1894 ; elle se traduisit par des lacunes presque complètes dans les archives et par l’ouverture de dossiers de carrière pour les juges de paix, à l’exemple de ceux des magistrats des cours et des tribunaux de première instance.

La sous-série BB/8 contient également les dossiers de remplacement des greffiers des tribunaux de commerce, des greffiers de la Cour de Cassation ainsi que ceux des cours d’appel et des tribunaux de première instance de 1926 à 1949.

Sources complémentaires :
- Autre partie du même fonds : aux Archives nationales (Paris), voir les dossiers des greffiers antérieurs à 1926 sont cotés dans la sous-série BB/7.
- Archives d’autres producteurs en relation : les fonds des justices de paix sont conservés dans la série U des Archives départementales.
- Sources complémentaires sur le plan documentaire : Archives nationales (Paris) : pour les dossiers de plainte ou pour les dossiers d’affaires ayant entraîné un appel au ministère de la Justice (y compris les recours en grâce), voir également les sous-séries AM 10001 à 10004, BB/18, BB/22, BB/30. Les dossiers de pension et de secours sont à rechercher dans les sous-séries BB/25, BB/25/bis et BB/25*.

Voici l'état sommaire de BB/8

BB/8/1 à 151.
Mélanges : nominations des juges de paix, de leurs suppléants et de leurs greffiers : listes et renseignements sur les candidats, décrets de nominations (an X-1820) ; listes et renseignements sur les juges de paix et leurs suppléants (an X-1815) ; justices de paix dans les départements étrangers (1796-1814) ; prestations de serments du personnel des justices de paix (1816) ; circonscriptions des justices de paix (an X-1814).
BB/8/152 à 160. Juges de paix, suppléants et greffiers de justices de paix : demandes de places, nominations, discipline, affaires diverses ; juges de paix, suppléants et greffiers destitués en 1823. 1815-1843.
BB/8/161 à 1382. Dossiers de présentation des juges de paix, de leurs suppléants et de leurs greffiers (classement chronologique et départemental). 1815-1878.
BB/8/1383 à 1385. Dossiers de présentation de juges de paix suppléants (classement départemental). 1848-1880.
BB/8/1386 à 1386/10. Dossiers de présentation des juges de paix, suppléants, assesseurs, greffiers et interprètes en Algérie et aux colonies. 1836-1878.
BB/8*/1387 à 1390/5. Registres du personnel des justices de paix. An XIII-1923.
BB/8/1391 à 2185. Dossiers de présentation des juges de paix, de leurs suppléants et de leurs greffiers (classement chronologique et départemental). 1895-1925.
BB/8/2186 à 2188. Divers : juges de paix des départements d'Alsace-Lorraine (1828-1876) ; situation des justices de paix (1905-1906) ; plainte contre le personnel de la justice de paix de Libourne (1904-1910) ; nominations de juges de paix (1879-1899) ; dossiers de candidats aux offices de greffiers de paix créés dans la Seine (1905).
BB/8/2189 à 3037. Articles à reclasser concernant les justices de paix, les greffiers des cours et des tribunaux de première instance, et les greffiers des tribunaux de commerce.
BB/8/3038 à 3057. Dossiers de rattachements de justices de paix (1920-1937).
Voir les instruments de recherche correspondants sur le site des Archives nationales.

Osamu Tezuka


Osamu Tezuka, disparu en 1989, est sur Wikidépia.

Il est sans doute le premier nom à retenir pour un auteur de manga japonaise.
Son style de dessin est reconnaissable dès la première image. Celles ci sont en effet très simples (proche de la ligne claire) : les traits sont très simples, des visages hyper expressifs, les personnages ont tous des grands yeux ronds et le découpage rappelle celui du cinéma (il était du reste aussi scénariste et était très connu dans des productions d'animation cinématographiques ou télévisuelles).

Son œuvre est immense : 7000 histoires, des milliers de personnages, plus de 700 œuvres inventoriées, plus de 150000 planches de bandes dessinées et quelque 60 films d’animation touchant à tous les genres avec une aisance surprenante de passer de l'un à l'autre, sans doute parce que, très tôt sa mère lui avait fait découvrir ce théâtre Takarazuka, opérette où tous les rôles sont tenus par des femmes et qui allie intrigue et humour. Jugez donc de ma variété de son style : policier, science-fiction, fantastique, biographie romancée, conte pour enfants, horreur.

Je la découvre en ce moment grâce à notre bibliothèque municipale d'Antony qui hélas ne conserve que quelques collections. J'ai ainsi découvert Blackjack en 12 volumes chez Glénat, L'Histoire des 3 Adolf en 4 volumes, le magnifique Ayako chez Delcourt (l'histoire de cette enfant séquestrée ne doit masquer la valeur littéraire indéniable de cette œuvre tant elle est pétrie d'humanisme), Akata en 3 volumes, Barbara en 2 volumes, etc. Il paraît qu'un musée créé à Takarazuka retrace toute son œuvre et qu'un prix, le "Osamu Tezuka culture Award", existe depuis 1997 pour récompenser un manga dont le style correspond le plus à celui de Osamu Tezuka.

mardi 4 décembre 2007

Une enfance malgache


Ceux qui ont passé leur enfance à Mada’ ou, dans une moindre mesure à la Réunion comme moi, trouveront dans ce récit une véritable madeleine de Proust.

J’ai retrouvé toutes les odeurs de mon enfance, ces quartiers de Tana’, ces bruits de friture, ces mets évoqués par l’auteur : le romazava, le henaritra, le ravototo, les fragrances des frangipaniers, des poivriers, ces goûts des fruits tropicaux : les délicieux jujubes, les litchis dont on faisait des toupies avec les noyaux (coupés en deux puis piqués d’une tige d’allumette), les avocats, les mangues juteuses, c’est aussi la vue des paysages magnifiques de la campagne malgache et ses rizières verts à perte de vue ou le silence des Hauts-Plateaux à peine effleuré par le bruit du vent chaud.

J’ai également retrouvé les sonorités de cette langue à travers les multiples jurons dont les malgaches ont le secret. Je n’y suis pas retourné depuis maintenant 30 ans mais j’ai tout retrouvé dans ce livre exaltant de Christian Dumoux, né à Madagascar au milieu du siècle dernier que j’ai rencontré par hasard à la «Fête du Livre» en octobre dernier aux Archives nationales. Nous nous sommes aperçu que nous avions passé, à quelques différences près (Christian Dumoux est d’environ une dizaine d’années mon aîné), la même enfance dans un pays magnifique de couleurs, d’odeurs, de vies.

Une enfance malgache de Christian Dumoux, c’est tout d’abord l’histoire d’une famille à Madagascar qui commence en 1927 avec le départ de oncle (le père du narrateur) depuis Montceau-les-Mines jusqu’aux années 1960 où l’auteur rentre en France pour ses études. C’est surtout le témoignage vécu d'un enfant puis d'un adolescent qui va découvrir la vie et l'Histoire de son « pays » (Madagascar) à travers mille pérégrinations et de nombreux déménagements de sa famille dirigée par un père horloger (un «petit blanc») venu pour «faire fortune» mais qui en fin de compte vit à la limite de la misère à cause d’une mauvaise gestion de son commerce (le père « confondant bénéfices et chiffres d’affaires »), des recettes perdues dans des jeux d’argent (dès, bellotte, PMU), mais aussi de l’alcool.

L’enfant découvre successivement Tananarive, Majunga, Diégo-Suarez (que je n'ai pas connu), jusqu'à l'indépendance puis son départ définitif de ce beau pays dont il aura toujours la nostalgie....

La fin du livre donne quelques rappels historiques de cette colonisation ratée de Mada’. A tous ceux qui ont passé leur enfance à Madagascar, ne ratez pas ce magnifique livre, il fait environ 150 pages et est édité par L'Harmattan (2005) dans la collection «graveurs de mémoire». Pensez aussi à l’offrir à tous les «zanatany» (enfant de la terre ou plus précisément enfant du pays).


mardi 27 novembre 2007

The Prince’s School of Traditional Arts


Après la théorie de la beauté vient la pratique. J'ai voulu en savoir un peu plus sur les miniatures persanes, la manière de les concevoir, le choix des illustrations, des pigments, etc., alors je me suis inscrit à un atelier d'un jour organisé par les enseignants du The Prince’s School of Traditional Arts de passage à Paris (voir leur site).

Cette école basée à Londres (19–22 Charlotte Road) a été créé à l'origine au Royal College of Art en 1984. Le programme a été transféré au Prince of Wales' Institut d'architecture en 1993 qui, lui-même, est devenue par la suite (en 2000), une fondation du Prince de Galles. Elle propose des cours d'arts traditionnels tels la Géométrie, des séminaires sur les principes et concepts des arts traditionnels (vitrail, menuiseries, mosaïques), des cours sur des méthodes traditionnelles de la fabrication des matériaux, la peinture de miniatures persanes ou indiennes, des enquêtes de terrain ou des visites d'étude, etc. et elle sanctionne des Master of Arts degree (MA), ou encore , plus fort, des Master of Philosophy (MPhil) ou des doctorats (PhD) reconnus par the University of Wales.

Notre atelier de la journée commence le matin par quelques explications (le tout en anglais évidemment) des pigments, de la technique, de la manière de tenir les pinceaux (dont un très rare fait de poils d'écureuils mâles uniquement), les principaux thèmes illustrés, le symbolisme des couleurs, le mécénat, la conception, la mise en page et la composition. L'aspect pratique permet aux stagiaires d'un jour d'utiliser des méthodes traditionnelles et des matériaux dans le but d'exécuter une peinture de miniatures à la fin de la journée. Cela commence avec le traitement de l'étude, la préparation des pigments, de l'apprentissage technique et brosse un tableau finalement achevé. Ensuite vient la pratique ou chacun (nous étions une petite quinzaine) dessine sa propre miniature et la colore. C'est un travail extrêmement minutieux où on oublie tout. Le zen façon persan en somme.

J'avais choisi un thème simple, des oiseaux sur une branche… trois heures pour réaliser une miniature de quelques petits centimètres carrés ! du polissage du papier, à la préparation des pigments, à l'ébauche et au coloriage. Mais qu'est-ce le temps ? Il est rien de plus précieux que le temps, dit-on, puisque c'est le prix de l'éternité…J'ai tout de même déboursé une petite trentaine d'euros pour quelques instants d'éternité.

jeudi 15 novembre 2007

BB/7

(le tribunal de Commerce de Paris entre le pont au Change et le palais de Justice)
Voici la suite des BB, la sous-série BB/7 concerne les tribunaux de commerce de 1791-1925, elle fait 28,5 m.l. (180 articles) et comme les sous-séries précédentes elle est librement communicable, sauf pour les dossiers de personnel communicables 120 après la date de naissance.

Histoire des producteurs
Les juridictions consulaires de l’Ancien Régime ont été réorganisées par la loi des 16-24 août 1790 sous l’appellation de tribunaux de commerce. Cette réorganisation a été reprise sous l’Empire par la loi du 14 septembre 1807 (formant le livre IV du Code de commerce) et le décret du 6 octobre 1809. Les tribunaux de commerce sont composés de commerçants (ou assimilés), élus pour deux ans par les commerçants du ressort de chaque tribunal de commerce et rééligibles. Ils ne sont donc pas des magistrats professionnels. En revanche, les greffiers des tribunaux de commerce sont des officiers ministériels comme ceux des tribunaux ordinaires. Depuis le décret du 14 juin 1813, les huissiers des tribunaux de commerce ne forment plus une catégorie particulière : tous les huissiers ont le droit d’instrumenter concurremment dans le ressort du tribunal civil d’arrondissement de leur résidence. Cette organisation s’est maintenue sans changement notable jusqu'à présent ; les greffiers des tribunaux de commerce n’ont pas été concernés par la réforme des greffes en 1965. Les tribunaux de commerce sont compétents pour les litiges en matière de commerce.

Histoire de la conservation
Versements aux Archives nationales puis accroissements de 1939 à 1944 de 31 liasses (dossiers établis pour le remplacement des greffiers entre 1895 et 1925), de 3 liasses concernant divers tribunaux de commerce (créations ou suppressions) et de 4 registres (nominations de juges et de greffiers de 1825 à 1870).

Présentation du contenu
Cette sous-série comprend des documents sur l'organisation des tribunaux de commerce : créations et suppressions de 1807 à 1912, procès-verbaux d'élection des juges consulaires (1791-1870), dossiers de nominations des greffiers et huissiers de tribunaux de commerce (an IX-1887) et dossiers de remplacement entre 1895 et 1925, par année, pour les seuls greffiers.
Les procès-verbaux d'élection des juges consulaires et les dossiers de nominations des greffiers et huissiers sont classés par ville à l'intérieur de tranches chronologiques diversement étendues. Les dossiers de remplacement des greffiers sont classés par année et à l'intérieur de chaque année par ville.

Instruments de recherche : Voir l’État des inventaires sur notre site des Archives nationales.

Sources complémentaires

- Autres parties du même fonds : Archives nationales (Paris) : les dossiers des greffiers pour la période 1926 à 1949 sont cotés dans la sous-série BB/8.

- Archives d’autres producteurs en relation : Les fonds des tribunaux de commerce sont conservés dans la série U des Archives départementales.

Voici l'état sommaire de cette sous-série

BB/7/1 à 87. Élections des juges consulaires (1791-1870) ; organisation des tribunaux de commerce (an VIII-1814) ; nominations de greffiers et d'huissiers des tribunaux de commerce (an IX-1814).
BB/7/88. Greffiers des tribunaux de commerce : démissions, révocations, discipline, nominations ; suppressions de tribunaux de commerce. 1840-1860.
BB/7/89 à 125. Nominations de greffiers et d'huissiers des tribunaux de commerce. 1810-1887.
BB/7/126. Tribunaux de commerce d'Algérie. 1847-1860.
BB/7/127/1 à 139/4. Mélanges. Correspondances relatives aux tribunaux de commerce : organisation des tribunaux de commerce, élections consulaires, nominations et démissions de greffiers et d'huissiers, code de commerce, etc. (1791-1843) ; serments des membres des tribunaux de commerce (1815) ; créations ou suppressions de tribunaux de commerce (1826-1912).
BB/7/ 139/5 à 139/8. Registres du personnel des tribunaux de commerce. 1825-1870.
BB/7/140 à 170. Dossiers de remplacements des greffiers des tribunaux de commerce. 1895-1925.

vendredi 9 novembre 2007

L'art du livre persan

(détail de Majnun à l'école, 1524-1539,
conservé à Washington dans une collection privée
et exposée en ce moment au Louvre)

Je ne suis toujours demandé comment les miniatures étaient dessinées et mis en page. En fait il s'agit de tout une chaîne comme je l'ai remarqué sur ce détail d'une miniature exposée en ce moment au Louvre sur l'art des Séfévides.

Il y avait d'abord le polissage du papier comme on le voit au bas du détail : importé de Chine, le papier était d’abord réservé à l’usage de la cour. Il remplace ensuite le papyrus et le parchemin et vers l’an 1000, la plupart des grandes cités du Moyen-Orient en produisent. Le papier est souvent teinté (saumon, ocre, jaune, violet…).

Puis vient l'enduit du papier ainsi que le choix des pigments. Ils sont d’origine minérale ou organique : bleu outremer (lapis-lazuli), jaune d’orpiment (sulfure d’arsenic), rouge de plomb, vert de cuivre (acétate de cuivre), etc. Ces substances sont liées avec du blanc d’œuf ou de la colle, ce qui permet de préserver l’éclat et la délicatesse des couleurs. On utilisait aussi de la gomme arabique. L’or était employé sous forme liquide et donc appliqué au pinceau. En le mélangeant à du cuivre, l’enlumineur dispose de plusieurs nuances d’or.

Les calligraphes et les enlumineurs interviennent enfin.
Le prestige de l’écriture conférait au calligraphe un statut social important. Il remplissait souvent le rôle de bibliothécaire et dirigeait les activités de l’atelier-bibliothèque d’un sultan ou d’un prince. Ils signaient leur travail dans le colophon final.

Les titres et les encadrements à l’encre rouge sont mis en place, mais les illustrations restent au stade de dessins préparatoires : quelques marques à la pointe du compas permettent de placer le motif, et les principaux éléments de la scène sont tracés à la pointe sèche comme on le voit sur une autre miniature restée inachevée, exposée en ce moment au Louvre, il s'agit de Rakhsh terrassant le lion qui menaçait Rostam assoupi, page peinte d'un Shah-Name inachevé conservé au, British Museum de Londres (inv. OA 1948.12-11.023).

À partir de 1300, les manuscrits illustrés se multiplient. L'espace, toujours dépourvu de perspective, est découpé en différents plans où les personnages, de taille réduite, figurent comme sur une scène de théâtre. Le style des peintures rappelle encore celui des fresques des palais (fonds rouges, bleus ou jaunes, forme conique des montagnes, traits stylisés des personnages), les peintres commencent à s’affranchir de ces modèles et à réaliser de véritables tableaux dans les livres.

On voit apparaître des scènes sans rapport direct avec le texte. La mise en pages fait l’objet de nombreuses recherches : tout en s’appuyant sur des principes géométriques rigoureux, la composition joue de la dissymétrie qui rompt la monotonie, et le dessin déborde dans les marges.
(un plat de livre représentant une scène de banquet)

Lorsque les cahiers constituant le livre sont terminés, ils sont cousus dans une reliure de cuir qui se présente comme un portefeuille et est presque toujours pourvue d’un rabat triangulaire.

Les plats des livres sont ornés de motifs soigneusement estampés à froid. Ils sont géométriques et végétaux, comme ceux utilisés pour l’enluminure ou en architecture. Le plat peut être entièrement rempli d’un décor géométrique, ou bien comporter une bordure estampée avec un médaillon central de forme circulaire, en amande ou en étoile.

Puis les techniques deviennent plus complexes et le répertoire des motifs s’élargit. Le cuir ajouré connaît une grande vogue en Perse. Des reliures laquées, apparaissent et accompagnent les manuscrits de luxe durant de nombreux siècles. Le décor, réalisé sur carton, parfois sur cuir, représente souvent une scène de chasse ou un banquet.

Voilà tout l'art du livre persan ! et fait en un exemplaire unique !

mercredi 7 novembre 2007

BB/6


Voici BB/6 intitulé Cours et Tribunaux qui contient environ 1926 articles (environ 109 mètres linéaires). Dates extrêmes des pièces : de l'an VIII-1927. Un grand nombre de cotes n'est pas communicable soit en raison de leur mauvais état soit pour des raisons inhérentes aux dossiers de personnel (communicables 120 ans après la date de naissance).

Noms des producteurs : Service du personnel au ministère de la Justice. Bureau de l’organisation judiciaire (an IV), bureau d’organisation du personnel judiciaire (1814), direction ou division du personnel (à partir de 1825), direction du personnel et de la comptabilité (1909).
Histoire de la conservation : En 1800, lors de l'organisation judiciaire de la France, au moment sans doute de la promulgation de la loi du 29 ventôse an VIII, le ministère de la Justice, en vue de faciliter le classement avait donné aux dossiers des magistrats des cours d'appel la lettre A, à ceux des magistrats des tribunaux de première instance il avait donné la lettre M.

Présentation du contenu : La sous-série BB/6 se compose essentiellement : d'une part, des dossiers de mouvement (ou de remplacement) des magistrats et des greffiers de la Cour de cassation, des cours d'appel et des tribunaux de première instance, d'autre part, des dossiers de carrière des magistrats de la Cour de cassation, des cours d'appel et des tribunaux de première instance. La distinction entre les deux catégories de dossiers est marquée par une différenciation dans les cotes : BB/6 et BB/6/II.

Les dossiers de remplacements établis au moment du départ des magistrats et des greffiers, sont classés par tranches chronologiques brèves (annuelles généralement) et à l'intérieur de chaque tranche par cours pour les cours et par départements pour les tribunaux de première instance. Pour l'Algérie et les colonies, les dossiers, qui concernent d'ailleurs non seulement les magistrats et les greffiers mais aussi des auxiliaires de justice comme interprètes, défenseurs et huissiers, forment des articles séparés, mais insérés dans les tranches chronologiques correspondantes.

Les dossiers de mouvement dont les premiers remontent à 1813 ont été établis au moment du départ du magistrat ; ils contiennent des renseignements sur les causes de ce départ, mise à la retraite ou décès, et surtout des appréciations sur les candidats proposés pour remplacer ce magistrat. Il ne faut donc pas consulter seulement le premier dossier mais celui où il est question du magistrat comme candidat. Très fournis au début, ces dossiers deviennent de plus en plus maigres à mesure qu'on avance dans le cours du XIXe siècle et s'arrêtent à l'année 1899.

La série des dossiers de carrière des magistrats (dossiers personnels établis par individu) classés alphabétiquement à l'intérieur de tranches chronologiques diversement étendues, a été ouverte en 1848 et concerne les magistrats ayant cessé leurs fonctions de 1848 jusqu’en 1940-1941 ; elle s'est développée aux dépens de celle des dossiers de remplacements. Assez insignifiants au début, ces dossiers grossissent à mesure que les dossiers de mouvements diminuent. A partir de 1878 ils finissent même par les remplacer complètement.

Faute d’inventaire nominatif, les dossiers de mouvement sont assez difficiles d’accès, car il faut connaître impérativement l’année du remplacement du magistrat ou du greffier recherché.

Instruments de recherche : voir sur le site des Archives nationales

mardi 6 novembre 2007

Les miniatures du Louvre

(Madjou dans le désert - Madjou est fou de Layla, etc.
c'est le Tristan et Yseult oriental)

Depuis que j'ai visité les deux expositions temporaires du Louvre la semaine dernière, Les chefs d'œuvre de l'Aga Khan Museum et Le chant du monde, l'art des Séfévides, je m'intéresse aux miniatures persanes.

J'ai appris que les thèmes de la miniature persane sont pour la plupart liés à la mythologie persane, à l'histoire des prophètes, à la narration ou à la poésie. L'aspect particulier de la miniature persane réside surtout dans l'imagination créative dont elle propose de découvrir à travers la beauté de la nature et de la perception artistique de celle-ci dans ses chefs d'œuvres qui datent du XIVe au XVIe siècles environ. Ensuite vers 1600-1660 c'est le déclin des manuscrits enluminés et le développement d’un genre spécifique : la page d’album, qui privilégie les silhouettes allongées, avec des têtes petites et arrondies des sujets de riches courtisans, des échansons, mais aussi des paysans ou des derviches, et les thèmes portant principalement sur des scènes d'amour, des portraits et même des copies d'images européennes. Puis un nouveau genre faisant apparaître des fleurs et des oiseaux apparut XVIIIe siècle sonnant le glas de la grande période des miniatures.

La fonction la plus importante de la miniature est sans aucun doute l'illustration (elle donne une image à un texte littéraire, le rendant plus agréable et facile à comprendre). De nombreuses œuvres littéraires ont inspiré les grands artistes de leur temps tel Ferdowsi qui à la fin du Xe siècle, a créé son immense poème épique (plus de 50000 couplets), Shâh Nâmâ (Le Livre des rois), qui, dans, relate par des faits et des légendes, l'histoire du pays depuis la création du monde jusqu'au début du VIIe siècle. Au XIIe siècle, le poète Nizami a créé son romantique et très populaire Khamsa (cinq poèmes) considéré comme un des chefs d'œuvre de la littérature persane, etc, etc.

Les miniatures que je préfère sont celles du XVIe siècle, et plus particulièrement celles du Shâh Nâmâ dit de Shah Tahmasp qui traduisent une habileté rare à créer dans un espace limité, la représentation d'une scène particulière ou d'un paysage; par exemple, le dessin d'un palais, incluant une partie de sa cour, de son jardin et de son intérieur, l'architecture et les paysages sont reproduits aussi complètement que possible et les portraits dans les composition n'étaient plus contraints et statiques mais étaient peints de manière plus vivante et naturelle. Le décor des marges était réalisé de différentes manières : encartées, c’est-à-dire insérées dans un papier différent, sablée d’or, d’après une habitude chinoise, ou encore peinte en couleurs ou à l’or, etc.


(Geyomars, souverain du monde, c'est le folio 20
du Shah-Name de Shah Tahmasp que je préfère le plus,
elle est la propriété de l' Aga Khan Trust for Culture)

Six pages de ce Shâh Nâmâ de Shah Tahmasp (qui comptaient 258 miniatures !) sont exposées dans la salle des chefs d'œuvre de l'Aga Khan Museum, une autre partie est dans l'autre salle de l'art des Séfévides. Un vrai régal pour les yeux et l'imagination. J'ai oublié de me munir d'une loupe, mais j'y compte bien retourner !

mercredi 10 octobre 2007

Une locomotive nommée Pierrefitte

(perspective d’ensemble du futur centre
des Archives natioanales à Pierrefitte © D.R.)
Après le magistral tramway nommé désir d'Elia Kazan en 1951 où un certain Marlon Brando se fait remarquer, voici une locomotive nommée Pierrefitte, qui pour nous archivistes, évoque sans aucun doute la décision de construire un nouveau centre pour les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine annoncé le 9 mars 2004 par Jacques Chirac alors président de la République. Décision prise par le constat de la saturation, l’exiguïté et l’inadaptation des locaux jusqu’alors destinés à leur préservation situés dans le Marais. Ce nouveau centre sera principalement destiné à collecter, conserver et communiquer les archives des administrations centrales de l’État depuis 1790 et pour les trente ans à venir (sans remettre en cause les deux sites actuels de Paris et Fontainebleau).

Plus d'une vingtaine d'agents travaille à plein temps sur cette "locomotive"…pardon…sur ce "projet" et ce, à différents niveaux (architectes évidemment, mais aussi équipe informatique, ou le chantier de préparation des fonds ainsi qu'un chantier de dématérialisation des instruments de recherche, etc.) sans compter une myriade de brillants vacataires issus des plus réputées écoles et universités formant des archivistes (Master ou DESS).

Le 10 mai 2005, le ministre de la culture et de la communication a désigné l’architecte Massimiliano Fuksas comme maître d’œuvre de ce projet. Celui a prévu un bâtiment, de 60 000 m2 de surface utile, avec une capacité de stockage de 320 km linéaires (ce n'est pas rien). Haut de 42 mètres et long de 180, ce bâtiment sera habillé "d’une peau en aluminium" et sera organisé en deux parties : à l’est, un bâtiment hébergera les magasins d’archives et la grande salle de lecture (300 places paraît-il) et à l’ouest, des volumes légers et transparents, suspendus, contiendront des espaces d’accueil et des bureaux. L’ensemble de ces volumes se multipliera dans un jeu de réflexion sur la façade en aluminium du bâtiment d’archives ainsi que sur les bassins d’eau situés à l'entrée…(voir ce projet sur le site de Pierrefitte-sur-Seine).

(demande d'autorisation de mettre en circulation la locomotive "Pierrefitte", F/14/4228, pièce 184)
En fait, j'ai retrouvé cette locomotive ! elle se dénomme effectivement "Pierrefitte" et elle a fait l'objet d'une demande de permission en vue de la mettre en circulation sur la ligne de chemin de fer de Paris à Lyon le 15 octobre 1861. Construite en 1862 par l'usine d'A. Koechlin et compagnie (à Mulhouse) et destinée au transport des marchandises elle porte le numéro 1657 et a une capacité de chaudière à 5,380 m3.

La demande d'autorisation a été accordée le 16 mars 1863 à la condition que le nom de la locomotive soit gravé sur une plaque fixée à la chaudière et que celle ci soit pourvue d'appareils ayant pour objet "d'arrêter les fragments de coke tombant de la grille et d'empêcher la sortie des flammèches par la cheminée".

Tout cela est réglementé par plusieurs arrêtés, ordonnances royales ou de police ainsi que des instructions diverses. L'ordonnance du 22 mai 1843, dans son article 56, stipule en effet "qu'aucune machine locomotive ne peut être mise en service sans un permis de circulation qui est délivré par le préfet du département où se trouve le point de départ de la locomotive, sur l'avis de l'ingénieur des mines ou, à son défaut, de l'ingénieur des ponts et chaussées", etc. On ne plaisante pas avec les locomotives, dont la première avait été autorisée par ordonnance du 26 février 1823 et mise en circulation entre Saint-Étienne et Andrezieux.

Les demandes d'autorisation de mettre en circulation les locomotives (avec des rapports bien détaillés des ingénieurs ainsi que les procès-verbaux d'épreuves de 1841 à 1864) forment un petit groupe documentaire bien homogène en F/14/4227 et 4228.

(demande d'autorisation de mettre en circulation une autre locomotive "Pierrefitte", F/14/4228, pièce 192)

Ce nom de "Pierrefitte" semble avoir eu beaucoup de succès puisque la même usine (A. Koechlin et compagnie) redonne le nom à une locomotive, chargée cette fois, du service des gares. Elle portera le numéro 521 et aura une capacité de chaudière à 2,425 m3 (loin derrière les 5,380 m3 de la première "Pierrefitte").

Pour consulter cet instrument de recherche (F/14/4227-4228, Autorisations de mise en circulation des locomotives sur les chemins de fer, 1841-1864). Inventaire-index,, 2008, 98 pages) voir sur le site des Archives nationales.

lundi 1 octobre 2007

BB/4 et BB/5

(carte judiciaire de la France. Premier Empire, BB/5/362)

Bon, aujourd'hui je vous présente deux sous-séries pour le prix d'une, il s'agit de BB/4 Comptabilité et de BB/5 Organisation judiciaire.

Pour BB/4 les dates extrêmes vont de 1773 à 1826, elle contient environ 49 articles pour 27,80 mètres linéaires.

Noms des producteurs : Commission des administrations civiles, police et tribunaux (an II-an IV), ministère de la Justice et Imprimerie nationale (qui dépendait depuis l'an IV du ministère de la Justice).

Histoire des producteurs :
À son rétablissement en l’an IV, le ministère de la Justice comprit un bureau de comptabilité, issu du bureau de comptabilité de la Commission des administrations civiles, police et tribunaux. Ce service a connu beaucoup de vicissitudes au XIXe siècle dans son organisation administrative jusqu'à son rattachement assez durable à la direction du personnel en 1909. Il gérait, comme ordonnateur et comme vérificateur, les dépenses du ministère : dépenses de fonctionnement de l’administration centrale et des différentes juridictions ; frais de justice en matière criminelle, correctionnelle et de simple police ; traitements du personnel de l’administration centrale, des exécuteurs criminels, des magistrats et des greffiers (pour les magistrats et les greffiers à partir de l’arrêté du 25 vendémiaire an X) ; pensions et secours accordés au personnel judiciaire.
Histoire de la conservation : versements entre 1827 et 1834.

Présentation du contenu :
Antérieurs à 1826, les documents, de nature principalement comptable, concernent le personnel (nominations et traitements), les locaux et les dépenses du ministère et de l'Imprimerie nationale. Quelques pièces concernent les institutions judiciaires des départements et les salaires des exécuteurs des hautes œuvres.
  • BB/4/1 à 26. Mélanges (organisation du ministère de la Justice et de la commission des administrations civiles, police et tribunaux (1773-an XII) ; traitements du personnel de la Justice : administration centrale et autres, Imprimerie de la République (1790-1815) ; organisation de l'Imprimerie de la République (an II-an X) ; dépenses intérieures du ministère (1790-1815) ; dépenses judiciaires des départements (1790-1815) ; budgets (an XI-1818).
  • BB/4/27 à 42. Imprimerie nationale : comptabilité, organisation, matériel, personnel, locaux. An IV-1813.
  • BB/4/43 à 53. Dépenses intérieures du ministère de la Justice, dépenses judiciaires des départements et, en particulier, des départements étrangers. An IV-1826.
La sous-série BB/5 quant à elle, concerne non seulement l'organisation de la Justice, notamment dans les pays qui furent réunis à la France sous la Révolution et l'Empire, mais aussi le personnel judiciaire de toutes catégories, elle contient environ 545 articles (79,10 m.l.) et des dates extrêmes de 1790 à 1920.

  • BB/5/1 à 248. Demandes de places et questions relatives au personnel judiciaire (classement départemental, puis alphabétique ou chronologique). 1790-1839.
  • BB/5/249 à 253. Personnel judiciaire des colonies. An V-1920.
  • BB/5/254. Cote vacante.
  • BB/5/255 à 328. Organisation de la justice et personnel judiciaire dans les pays réunis pendant la Révolution et l'Empire : Allemagne, Belgique, Catalogne, Hollande, Illyrie et îles ioniennes, Italie, comté de Nice, Savoie, Suisse. 1793-1816.
  • BB/5/329 à 339. Cotes vacantes.
  • BB/5/340 à 374. Organisation et fonctionnement des cours et tribunaux : règlements d'audiences, rentrée des cours et roulement des magistrats, comptes rendus des magistrats sur le fonctionnement de la Justice et sur les élections à la Chambre des députés, personnel des tribunaux spéciaux de l'Empire, élections des juges des tribunaux criminels et du tribunal de Cassation en 1791 et 1792, réduction du nombre des tribunaux, demandes de congés, installation de tribunaux. 1791-1843.
  • BB/5/375 à 543. Ordonnances, décrets et arrêtés de nomination du personnel judiciaire (classements divers : chronologique, départemental, par catégories de personnel). An IV-1912.

vendredi 21 septembre 2007

Léon Hornecker, un artiste méconnu

(Strasbourg, aujourd'hui)

Dans le tome 7 du Benezit qui recense tous les peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, la rubrique consacrée à Léon Hornecker compte seulement huit lignes : né le 13 juin 1864 à Strasbourg (Bas-Rhin), décédé à Paris le 8 janvier 1924, peintre de portraits, élève de Gysis et de L. von Loefftz…on y apprend également que les musées de Mulhouse et de Strasbourg conservent de lui quelques portraits de vieille femme et d'une petite fille ainsi qu'un auto-portrait, c'est tout…

J'ai toujours admiré les artistes anonymes ou restés méconnus. Je lance une recherche sur la toile et je lis que Wikipédia lui a consacré sa biographie où j'apprends que Léon Hornecker était membre du groupe Saint-Léonard à sa création en 1892, lequel groupe réagissait contre la Kultur imposée par les Allemands en Alsace….humm...artiste anonyme et méconnu, et de surcroît rebelle et anticonformiste, j'aime !

Donc je cherche un peu sur lui dans les Archives et j'apprends qu'il avait demandé en 1910 une réintégration dans la qualité de Français qu'il avait perdue (les réintégrations ont concerné essentiellement les Alsaciens-Lorrains entre 1872 et 1918). Enregistré au bureau du sceau du ministère de la Justice le 21 avril 1910, son dossier, se trouve en BB/11/5112, on retrouve sa profession "artiste peintre", il est installé au 71 avenue de Villiers dans le 17e arrondissement de Paris ; divorcé, il a un fils, Adrien, né en mars 1901 (lequel deviendra plus tard un grand peintre et son tableau La plage de Granville sera acheté par l'État en 1929, voir F/21/4909B, dossier 10 et F/21/4221, dossier 73).

Notre Léon Hornecker gagne environ 12000 francs par an sur lequel il paye un loyer de 2200 francs et s'il demande sa réintégration dans la qualité de Français c'est "parce qu'il possède sa clientèle à Paris" et "paraît avoir perdu tout esprit de retour en Alsace-Lorraine" (!) où vit encore sa sœur.

Dans la supplique qu'il adresse au ministre de la Justice le 12 avril 1910, il indique qu'il avait obtenu une mention honorable au grand salon de peinture de 1894 ainsi qu'une médaille de 3e classe en 1903 et qu'il s'engage à payer les droits de sceau et d'enregistrement s'élevant à 175, 25 francs (il s'en acquitte le 11 juin 1912).

Il obtient enfin sa réintégration par décret du 8 juin 1912.

(décret en date du 8 juin 1912 par lequel Léon Hornecker obtient sa réintégration)

Il s'éteint le 8 janvier 1924 à son domicile parisien. D'après Wikipédia, une dernière manifestation (très symbolique) a lieu en son honneur dans la galerie de la Maison d'Art Alsacienne en 1924, et encore aujourd'hui, Léon Hornecker partage le sort des milliers d'artistes méconnus (même en Alsace semble-t-il !).

Pour en savoir plus sur lui, voir l'article sur Wikipédia ainsi qu'un fort joli site à lui consacré intégralement sur http://www.leon-hornecker.com/ qui présente cet artiste peintre assez méconnu ainsi que son œuvre.

BB/3

(un passeport pour l'intérieur)

Après BB/2 affaires civiles, voici BB/3 affaires criminelles dont les dates extrêmes vont de l'an II à 1846. Elle est composée de 198 articles environ (soit 31, 70 mètres linéaires) et est également librement communicable.

Noms des producteurs :
Les documents qui constituent la sous-série proviennent en partie des services du ministère de la Justice et en partie d'organismes différents (division criminelle, cours prévôtales, Hautes Cours, etc).

Histoire des producteurs :
Division criminelle.
Dès 1793, le ministère de la Justice comprit une division chargée de la correspondance en matière criminelle et correctionnelle. Elle resta sans changement à l’époque de la Commission des administrations civiles, police et tribunaux (an II-an III). À la recréation du ministère de la Justice en brumaire an IV, figure un bureau des tribunaux criminels, tandis que la police correctionnelle est rattachée au bureau des tribunaux civils. À cette époque, la distinction entre les matières civiles, correctionnelles et criminelles n’était pas rigoureusement tranchée. Par ailleurs, pendant la période du rattachement de la Police générale au ministère de la Justice (28 fructidor an X au 21 messidor an XII), la division criminelle fut chargée aussi de la police administrative (qui est relative au maintien de l’ordre et à la sûreté publique).
Tribunaux ordinaires des douanes.
Créés par le décret du 18 octobre 1810, les cours prévôtales, juridictions d’appel, et les tribunaux ordinaires des douanes jugeaient les affaires de contrebande et les crimes et délits commis par les employés des douanes dans l’exercice de leurs fonctions. Ils furent supprimés le 26 avril 1814.
Cours prévôtales.
Juridictions départementales, les cours prévôtales créées par la loi du 20 décembre 1815 reprenaient la compétence des cours de justice criminelle spéciales de l’Empire. Elles jugeaient aussi les affaires politiques, comme les actes de rébellion au rétablissement de la monarchie. Elles furent supprimées en mai 1818.
Hautes Cours.
Les Hautes Cours sont des juridictions d’exception répressives, de caractère politique. Elles sont prévues par les constitutions de la France depuis 1791, à l’exception de celle de 1793, période où la justice politique était exercée par les tribunaux révolutionnaires. La compétence des Hautes Cours a été définie en raison de la qualité ou des fonctions des personnes, par exemple ministres, pairs, ou bien en raison de la nature des affaires, comme attentats contre la sûreté de l’État ou contre le Chef de l’État.

Histoire de la conservation :
Les documents qui composent la sous-série BB/3 ont été versés entre 1827 et 1877 mais ont aussi été constitués par des éléments enlevés à d'autres groupes qui forment maintenant des séries d'archives organiques (BB/18). À ces articles ont été joints deux articles, retrouvés à la Chancellerie en 1929, et intégrés à la sous-série comme présentant des analogies avec les articles de celle-ci.

Présentation du contenu :
D'origines diverses, les documents de BB/3 concernent surtout des affaires politiques et criminelles de la Révolution à la monarchie de Juillet : jugements de tribunaux militaires de la Révolution et de l'Empire, affaires poursuivies à la Haute Cour nationale et impériale, crimes de port d'armes contre la France (1809-1812), répression de l'opposition au début de la Restauration, surveillance de haute police, rapports de police du Bureau central du canton de Paris et Préfecture de Police (ans IV-XII), " affaires importantes " (politiques et criminelles), affaires prévôtales (avec états des procédures), délits politiques (an VIII-1816), délits particuliers (fausse monnaie, usure, délits forestiers et douaniers), rapports épars des procureurs, affaires de prises (1786-1815) et personnel subalterne de la Justice (exécuteurs).

vendredi 14 septembre 2007

Des méfaits de la modernisation à Antony

Voici une vue satellitaire de mon quartier dans le centre ville d’Antony avant la construction du nouveau marché : on y voit en 1. l’institution Sainte-Marie avec ce bâtiment hexagonal, sa cour de recréation et son gymnase couvert, en 2. on retrouve le théâtre Firmin-Gémier et sa place où se tient chaque année en juin les Soliste d’Été (un régal !), j’habite dans le cercle rouge en haut à gauche, loin du bruit de la rue Auguste Mounié et de la N20 tout en bas à droite. Les 2 croix indiquent l’emplacement de l’ancien marché d’Antony, lequel est en deux parties comme on le distingue clairement sur cette vue, de sorte que le bruit de la N20 (flèche rouge en bas à droite) était confiné (les 2 blocs de l’ancien marché faisant barrière). En été je n’entendais pratiquement aucun bruit, même fenêtres ouvertes !

Or aujourd’hui, avec la construction du nouveau marché (architectes Rocheteau et Saillard), j’entends toute la rumeur de la circulation de la N20, un bourdonnement semblable à l’océan qui agace les oreilles.


Au vu de la configuration du toit du nouveau marché, on le comprend mieux…quel intérêt à avoir proposé un toit dodelinant qui, au lieu de neutraliser le bruit, le propage davantage puisque les ondes acoustiques ont la même forme que le toit du marché !

Franchement, avoir gaspillé des millions d’euros tout en nous cassant les oreilles pendant les 4 années des travaux du nouveau marché (soit disant conforme aux normes européennes...l’Europe que j’exergue), pour nous construire un bâtiment moche et non fonctionnel, cela me révolte…heureusement qu’Antony est une des rares communes des Hauts-de-Seine dont les impôts n’ont pas augmenté d’un centime au cours des dix années passées…

mercredi 5 septembre 2007

Typologie des instruments de recherche

(un instrument de recherche de la série AD, Archives imprimées)
Demain je fais un cours sur la typologie des instruments de recherche aux Archives, voici quelques extraits de ma présentation sur des diapositives animées (style powerpoint).

D'abord une définition : un instrument de recherche est un outil papier ou informatisé qui énumère ou décrit un ensemble de documents d’archives conservés par un service d'archives. Il sert à décrire des fonds (forme et contenu) afin de les communiquer au public le plus large (on pense à internet) et avec la meilleure qualité de service possible et il est l’aboutissement logique du classement. Il a donc pour but de permettre au chercheur de repérer rapidement les documents utiles à sa recherche en lui fournissant des indications plus ou moins détaillées sur le contenu de chaque article (l'article étant l'unité intellectuelle et matérielle de base des archives, identifiée par une cote, exemple 48 AQ 2 ou F/14/6522, etc.). Les instruments de recherche sont généralement en libre consultation en la salle de lecture ou sur la toile (sous forme de fichiers électroniques).

L'instrument de recherche peut être plus ou moins précis selon le service d'archives qui le produit et selon que l'instrument porte sur la totalité des fonds conservés, sur un fonds particulier ou sur une partie d'un fonds.

On les distingue donc en fonction de leur niveau de précision. Les deux plus répandus sont le répertoire (numérique) et l'inventaire (analytique). Le premier a pour niveau de description le dossier ou l’article et donne pour chacun sa cote, ses dates extrêmes et un intitulé aussi court que possible. Le second décrit une par une chacune des pièces qui constituent un article, aussi on le qualifie d'analytique (les précisions de ce genre d'instrument de recherche relève parfois de la diplomatique puisqu'il indique aussi la nature du support, la présence d'un sceau ou d'un cachet, etc.).

La rédaction des instruments de recherche fait l'objet d'une normalisation internationale par le Conseil international des archives (ICA ou CIA). La première de ces normes est celle plus connue sous l'acronyme de sa dénomination en anglais ISAD(G). C'est une norme générale (G) et internationale (I), le S et le A désignant respectivement Standard et Archives ou Archival. D'après cette norme, la description archivistique se fait à plusieurs niveaux (toujours du général au particulier), les informations sont adaptées au niveau de description et doivent être liées entre elles (une même information ne doit pas être répétée), etc.
Elle comporte 26 éléments descriptifs répartis en 6 zones (identification, contexte, contenu, conditions d'accès, sources complémentaires, notes) dont la combinaison permet de décrire n'importe quelle unité archivistique (voir la description de cette norme sur le site du ICA/CIA).
Septembre est vraiment le mois des stages, le 19 et le 20 ce sera sur l'EAD/XML, toute une histoire…l'avantage des stages est qu'ils sont bien rémunérés et permettent de payer les impôts toujours plus élevés (cette année les miens augmentent de près de 10% !).

lundi 3 septembre 2007

Le sommet des dieux

(Habu Jôji, alors jeune, est sur cette première de couverture)

Aujourd'hui il faut interdire l’Everest aux alpinistes ! car depuis une dizaine d'années des milliers d’alpinistes et de randonneurs qui viennent gravir le toit du monde depuis 1953 (date a laquelle Hillary et le sherpa Tensing ont réussi leur ascension) ont transformé la région en une véritable poubelle. Parmi les tonnes de détritus, on trouve du matériel de randonnée, des tentes, des déchets alimentaires ou pharmaceutiques, des gobelets, des cannettes de fer blanc, du verre, des vêtements, des vieux papiers, des bouteilles d'oxygènes trop lourdes à redescendre, des seringues usagées, des ampoules, etc. Cette accumulation de déchets sur l'Everest commence à être un vrai problème, or plus de 2 200 personnes le gravissent encore chaque année !

Moi je vous parle de l'aventure des premières expéditions. Celles ci sont racontées, d'une manière romancée certes, mais d'une manière particulièrement poignante dans Le Sommet des dieux, une bd en 5 volumes que j'ai dévoré en 2 jours. Un grand coup de coeur (merci à la bibliothèque d'Antony de s'en être procuré). C'est une adaptation de l'œuvre originale de Yumemakura Baku et dessinée par le formidable Jirô Taniguchi (Quartier lointain en 2 volume ou encore L'Homme qui marche, romance poétique presque sans parole) et publié en français aux éditions Dargaud.

L'histoire est simple et émouvante. En 1924, George Mallory disparait avec son compagnon de cordée Andrew Irvine en essayant de gravir pour la première fois l'Everest. La grande question est de savoir si ces deux alpinistes ont atteint le plus haut sommet du monde avant de disparaître purement et simplement. Cette question pourrait trouver une réponse si leur appareil photo, retrouvé par hasard dans une boutique à Katmandou, contenait la pellicule pour pouvoir en exploiter les épreuves. Les héros de cette bd sont Fukamashi, un photographe spécialisé en alpinisme, et Habu Jôji, un alpiniste opiniâtre et extrêmement doué qui veut à tout prix faire toutes "les premières"…il s'attaque entre autres à la première ascension de la face Nord-Ouest de l'Everest en hivernal, en solitaire et sans oxygène ! une folie !

Le sommet des dieux est une immersion totale dans le monde de l'alpinisme. On y plonge avec une facilité déconcertante et l'enquête policière autour de l'appareil de Mallory est tout simplement passionnante. L'intrigue progresse doucement mais ne piétine jamais.

Pour finir, le roman rejoignant la réalité : le corps de Mallory a effectivement été retrouvé en 1999 et des rumeurs avaient circulé sur son appareil de type Kodak et en 2004 (soit 80 ans plus tard) une équipe est allée sur place à sa recherche...à suivre donc…

vendredi 31 août 2007

BB/2

(loi du 23 frimaire an VIII sur la présentation
de la Constitution au peuple)
Bon, après la présentation de BB/1 poursuivons par celle de BB/2 intitulée affaires civiles dont les dates extrêmes sont de 1789 à 1850. Elle est composée de 104 articles environ (soit 15,35 mètres linéaires) et est également librement communicable.

Noms des producteurs
Conseil exécutif provisoire, comités des assemblées et services du ministère de la Justice (ou de la commission exécutive des administrations civiles, etc.), à savoir : le cabinet et le secrétariat général, le Conseil de justice, le bureau des Décrets et le bureau d'envoi des lois, le bureau de législation et les divisions civiles, criminelles, du personnel et de la comptabilité.

Histoire de la conservation : versements de1827.

Présentation du contenu :
La sous-série BB/2 de caractère résiduel est composée de documents très hétérogènes : feuilles de travail du ministère de la Justice avec l'Empereur et le Roi (an XI-1816), publication et envoi des lois (1789-1820), circulaires du ministère (1789-1834), tableaux des distances des communes aux chefs-lieux des départements (1811-1823), questions juridiques traitées par le bureau de législation (1821-1831), demandes de grâces pour 1850, statistique criminelle (1825-1828).

Autres instruments de recherche :

  • Ségolène de Dainville-Barbiche, De la justice de la Nation à la justice de la République, 1789-1940. Guide des fonds judiciaires conservés au Centre historique des Archives nationales, Paris, Centre historique des Archives nationales, 2004, in-8°, 323 p.
  • Jean-Claude Farcy (sous la direction de Philippe Vigier), Guide des archives judiciaires et pénitentiaires (1800-1958), Cnrs Éditions, 1992, 1175 p.
Ne restent plus que BB/3 à BB/37...