vendredi 21 décembre 2012

La typologie des actes notariés

©Manuel Charpy/Archives nationales, Minutier central. Testament 1884
(Exposition du 13 avril au 16 juillet 2012 à l’hôtel de Soubise, Paris)



Depuis novembre de cette année, j’ai quitté la section du XIXe siècle (dissoute pour former plusieurs départements scientifiques à Pierrefitte-sur-Seine). Je suis dorénavant au Département du Minutier central des notaires de Paris, une des directions scientifiques du site de Paris dont je vous laisse découvrir la présentation sur le site des Archives nationales :

Je découvre ces archives et la première chose que j’ai faite est de s’approprier de la forme des actes qui n’est pas compliquée : des expéditions d’abord, aussi appelées grosses, que seul le notaire détenteur de la minute de l'acte original peut en délivrer une (souvent en parchemin alors que la minute est sur papier), les répertoires ensuite, obligatoire en double exemplaire depuis 1791 et qui donnent dans l’ordre chronologique tous les actes passés dans une étude (renseignements sur la date, la nature de l’acte et noms des parties). Et enfin pour finir dans la forme des actes, ne pas oublier le brevet qui est un acte inscrit dans le répertoire mais qui n'est pas conservé au Minutier central puisqu’elle est délivrée par le notaire, lequel n'en gardant pas la minute (généralement des certificats de vie, de procurations, des quittances, etc.). Tous ces actes sont déclarés au bureau du contrôle et la mention de cet enregistrement (avec la date) figure à la fin des minutes avec la signature de l'agent du contrôle (c’est grâce à cette indication qu’on retrouve le nom du notaire qui a conservé la minute). Notons qu’aux Archives départementales, il existe (le plus souvent en série Q) les tables d'enregistrement (tables des testaments, des successions, des vendeurs, etc.) qui permettent également de retrouver une minute difficile à trouver par manque d’informations…

Passons maintenant à la typologie des actes. J’ai pu comprendre et analyser que les actes notariés peuvent se répartir en plusieurs catégories, lesquelles mènent à des recherches très variées sur l’histoire des familles, celles des entreprises, des techniques, sur l’histoire de l’art, etc.

D’abord les actes familiaux (inventaires après décès, liquidation, partage, adjudication, apposition de scellés etc.), et ceux concernant la propriété (comme les ventes d'immeuble, les échanges, les partages successoraux, etc.) que je classe ici dans un ordre alphabétique :

-accord, acquiescement, tous les actes touchant la famille (baptême, décès, mariage, profession religieuse, etc.), adjudication, apposition de scellés, approbation, arrangement de famille, assignation, assurance, attestation, attestation (de bonne vie et mœurs, etc.), aveu,...
-bail, bilan, brevet de retenue, certificat, cession, cession de marché, codicille, commandement, commission, comparution d'héritiers, compromis, comptes (arrérages, d'exécution testamentaire, de tutelles, etc.), concession, confirmation, congé, consentements (à mariage, etc.), contrats (d'apprentissage, de mariage, etc.),  convention, curatelle, toutes sortes de déclarations, de devis et marchés, délégation, dépôt de bilan, dissolution, don mutuel, donations (entre vifs, viagère, entre époux, etc.),...
-échange, émancipation, engagement, état de créanciers, exécution testamentaire, extinction, extrait, fondation, fraternité, hommage, indemnité, inventaire après décès, legs, licitation, liquidation, ...
-mainlevée, mariage, nantissement, nomination, notification, notoriété, obligation, oppositions (à mariage, etc.), ordre,...
-partage, pension viagère, permission, prestation de serment, prêt, prise de possession, procuration, procès-verbal, profession de foi, profession religieuse, promesse (de mariage, de vente, etc.), protestation, quittance,...
-récolement, reconnaissance (de dette, de paternité, etc.), rectification, tous les règlements des successions (inventaires après décès, liquidation, partage, etc.), renonciation, rentes (constitution, foncière, viagère, etc.), résignation, résiliation, résolution, rétrocession, révocation,...
-séparation volontaire, sommation, soumission, sous-bail, substitution, succession, sursis, testaments (olographe, etc.), tontine, traité d'office, transaction, tutelle, vente,...

Dans un prochain billet, je vais passer en revue les autres actes, notamment ceux liés aux circonstances politiques ou ceux qui touchent le domaine de l’argent, du crédit, etc., comme les quittances, les obligations, les rentes (baux, titres, constitutions de rente, les ventes ou rachats de rente, etc.), les tontines, ventes et autres partages successoraux ainsi que la très grande variété des recherches menées à partir de ces actes…mais en fin de compte je vous conseille de revoir le livret de visite (gratuit, mais dommage qu’il ne soit pas en ligne) de l’exposition "Des minutes qui font l'Histoire" présentée à l’Hôtel de Soubise à l’occasion des 80 ans du Minutier central des notaires de Paris par les Archives nationales du 12 avril au 16 juillet dernier. 
Voyez plus particulièrement la troisième partie sous forme d’abécédaire franchement très instructive et très bien faite (de Apprentissage [contrat d’] à Vente).

jeudi 20 décembre 2012

Le notaire peut il refuser son ministère le dimanche ou les jours de fêtes légales ?

http://www.photo-libre.fr/


Lu dans le journal Le Monde il y a quelques heures, cette phrase du ministre du Travail, Michel Sapin, «Le dimanche doit être, sauf cas exceptionnel, un jour sans travail pour les salariés» à propos du travail dominical qui fait son retour dans le débat public après l’affaire d’un grand magasin de bricolage (Bricorama pour ne pas la nommer) qui refuse de verser la somme de 38 millions d’euros d’astreintes décidée par le Tribunal de grande instance de Pontoise (Val d’Oise) suite à une plainte du syndicat Force Ouvrière, pour avoir ouvert le dimanche une trentaine de magasins franciliens, depuis janvier, malgré l’interdiction de la justice…

« Dimanche (sauf cas exceptionnel), un jour sans travail pour les salariés (donc) ? » Y compris pour les notaires ?…Voyons ce qui se disait déjà en 1832-1834 …

Extrait de l’ouvrage d’Henry Éloy, docteur en droit, substitut du procureur impérial «De la responsabilité des notaires d’après les lois, la doctrine, la jurisprudence et les circulaires ministérielles», édition Auguste Durand, rue des Grès, Paris, 1863.

«Autre question le notaire peut il refuser son ministère les jours de dimanche ou de fêtes légales ? La jurisprudence a été appelée à se prononcer sur ce point délicat voici à quelle occasion. Un notaire refuse de recevoir un acte de main levée hypothécaire pour lequel réquisition lui est faite un dimanche et sur la demande même de la partie il motive par écrit son refus sur ce que l officier ministériel ne peut être tenu d’agir un jour que la loi elle même a consacré au repos. Plainte de la partie poursuite du ministère public basée sur ce que le notaire doit prêter son ministère lorsqu'il en est requis conformément à la loi de ventôse qui ne fait pas de distinction entre les jours ordinaires et les jours fériés.

Le syndic de la chambre des notaires de l’arrondissement de Colmar s appuyant sur un règlement de discipline intérieure pris en 1832 par les notaires de cet arrondissement et d’après lequel notamment il était arrêté que sauf les cas d’urgence de nécessité de danger ou perte réelle les notaires ne seraient pas astreints à agir les dimanches et jours de fêtes légales prend fait et cause pour le notaire et soumet la difficulté au tribunal civil.

Cette difficulté est éludée en ce sens que le tribunal se fondant sur les antécédents favorables du notaire et sur ce que le fait à lui soumis le refus du notaire ne donne pas matière à blâme renvoie le notaire de la plainte. La chambre des notaires veut être fixée sur la légalité de son règlement le syndic appelle donc de la décision du 20 janvier 1834 en ce qu'il n a pas été statué sur le fond du droit.

Mais la cour de Colmar n’avait réellement pas à statuer puisque le notaire ayant été renvoyé de la plainte sans grief la chambre des notaires ou son syndic n’avait plus à prendre le fait et cause du notaire et n’était pas plus recevable dans son appel que le notaire ne l’était lui même en sorte qu'il n’y avait pas à s’occuper des conclusions prises devant la Cour et que la question non résolue restait entière. Or ce que l’on ne saurait contester en droit c est que la loi de ventôse ne distingue pas et pose un principe général. 

Si l’on se reporte aux motifs qui ont fait établir ce principe au caractère d’officier public attribué au notaire à la nécessité dans un but d intérêt commun de lui imposer l’obligation de ne pas se refuser arbitrairement à la réquisition des parties l’on comprendra que la loi n avait en réalité à faire aucune distinction d’autant moins qu’ayant voulu éviter aux parties un préjudice ce préjudice se présenterait aussi bien dans l’hypothèse qu’on veut soustraire à l’application de la loi. En fait les notaires ne peuvent sérieusement poser en règle qu’ils ne feront pas d’actes les dimanches ou jours fériés ce serait enlever à une classe nombreuse de citoyens une faveur dont on ne peut contester l’utilité celle de ne pas être distraits de leurs jours de travail et de réserver la rédaction des actes pour les jours fériés qui leur laissent plus de loisir.

Aussi doit on dire que ce n’est qu au cas où il n’y a pas urgence nécessité danger ou perte réelle que le notaire n aura pas les jours indiqués un ministère obligé.

Tels étaient du reste l’esprit et les termes de la délibération de la chambre des notaires de l’arrondissement de Colmar et ainsi apprécié nous croyons ce règlement légal en soi. Le résultat est celui que nous avons eu déjà fréquemment l’occasion de signaler avec la jurisprudence à savoir que la responsabilité ne peut en tous cas peser sur le notaire qu’autant qu’il est auteur du préjudice.
Le tribunal de Colmar décidait donc en fait et sagement et légalement lorsqu’il prononçait que le refus du notaire dans l’espèce n offrait pas matière à blâme, que si ce refus pouvait causer préjudice, il y aurait lieu et pour le ministère public de s’alarmer et d’agir en conséquence et pour la partie lésée de demander réparation.

Le notaire en tant qu'officier public se doit aux citoyens. D’autre part la loi lui impose d’agir lorsqu'il en est requis, il manquerait donc à son devoir si son ministère devenant réellement nécessaire, il refusait de le prêter. Il est vrai que l’article 57 de la loi du 18 germinal avait fixé le repos des fonctionnaires publics aux jours de dimanches et de fêtes reconnues par le Concordat et que les circulaires recommandent l’exécution scrupuleuse de cette prescription (…). Mais il s’agissait dans l’espèce de ce jugement d’un acte qu’on reconnaissait au notaire le droit de faire le lendemain du jour férié et cette décision n’a rien de contraire au principe général de la loi de ventôse ni à celui qui veut que le notaire se trouve à la disposition des parties s’il y a urgence nécessité menace d’un préjudice ou d’une perte réelle.

Ainsi si le notaire est appelé un jour de dimanche pour recevoir le testament d’une personne dangereusement malade il nous parait évident qu’il doit se soumettre à la réquisition et que ce motif que sa croyance religieuse lui défend d’instrumenter le dimanche ne serait pas une explication suffisante de son refus… »

lundi 10 décembre 2012

ès ou konnet ICA-Atom ?

Personnalisation de ICA-Atom pour les besoins du stage

Voici une formation que je ne suis pas prêt d’oublier : celle dispensée aux Archives départementales de la Martinique du mardi 27 au jeudi 29 novembre dernier (pour une douzaine de participants des AD-Martinique, AD-Guadeloupe et des AN de Haïti) dans le cadre du projet Carbica http://www.carbica.com/fr/ organisé à Fort-de-France par la directrice des AD de la Martinique, madame Dominique Taffin que je remercie ici très chaleureusement pour son enthousiasme et son intérêt pour notre travail, et aussi pour son grand professionnalisme et son accueil exemplaire.
Leur accueil a vraiment été formidable, les participants ont aussi un très bon niveau, ce qui facilite la tâche du formateur.

Le thème général était d’articuler les normes ISDIAH et ISDF ainsi que les DTD EAD et DTD EAC sous ICA-Atom, d’où ce titre amusant en créole «ès ou konnet ICA-Atom ?», ce qui signifie «connaissez-vous ICA-Atom ?» (merci à Frédéric de cette traduction).

Nous avons commencé par des rappels sur la description archivistique et l’analyse archivistique puis nous avons enchaîné par les autres formes de description des archives : celle sur le contexte de production, sur la description des fonctions et sur les institutions de conservation. Nous avons insisté sur l’utilité et le rôle de ces normes ainsi que de l’articulation entre elles dans ICA-Atom.

Le principe de la formation n’était pas un monologue mais l’inverse : les participants ont tous été sollicités par des travaux en petits groupes, par des présentations à faire individuellement ou de concert. Ainsi pour introduire la norme ISDIAH, nous leur avions demandé (en atelier remue-méninges) de quelles informations auraient-ils besoin si on leur demandait de rédiger une notice (et quelles informations rendre obligatoires) sur une institution ou un organisme détenant et préservant des documents d’archives (archives, bibliothèques, musées, entreprises, familles, individus, etc.). Ce travail s’achevait par l’encodage sur ICA-Atom…

D’autres exercices étaient nettement pus difficiles, comme celui consistant, à partir d'une page extraite du site des Archives départementales de la Martinique et en se basant sur l’exemple de l’application ETANOT des Archives nationales, à isoler les informations relatives au contexte de production des archives (de celles relevant de la norme ISAD(G)), et à ensuite les structurer conformément à la norme ISAAR(CPF) et enfin à rédiger une notice d’autorité complète sous ICA-Atom en remplissant toutes les zones.
Voici cet état des fonds sou forme de tableau :
Cote;Étude;Lieu;Prédécesseur;Dates extrêmes
3E1/1 à 118;BELHUMEUR-HAYOT;Trinité;prédécesseurs : Cognet, Joyau, Kailer-Grangenois, Dangeros;1789-1900
3E2/1 à 675;DUVAL;Fort-de-France et Le François;prédécesseurs : Husson, Siger-Capoul, Fournier-L'Etang, Louis Saint-Cyr;1802-1940, 1941-1965
3E3/1 à 59;PLISSONNEAU-DUQUESNE, (actuelle étude, MODOCK-LEPELLETIER, BEAUFOND-DUVAL);Gros-Morne puis Fort-de-France;prédécesseurs : Holozet, Peran, Berté Saint-Ange, Clarac, Thouré, Corneille, Adam;1818-1947
3E4/1 à 135;CONSTANTIN;Fort-de-France;prédécesseurs : Tiberge, Ferriez, Thomas-Husson, Maugée, Gentile, Clavery, Bardiny;1824-1899
3E5/1 à 317;TEANOR;Fort-de-France;prédécesseurs : Bartouilh, Sinson, Lemerle, Godissard, A. Siger, Audemar;1829-1942
3E6/1 à 102;NIMAR;Saint-Esprit puis Fort-de-France;prédécesseurs : Deslauriers-Lillette, Gardié, Joyau, Dupuy, Crény, Planche;1843-1918
3E7/1 à 153;SIRON;Le Marin puis Fort-de-France;prédécesseurs : Crény, Edouard Saint-Cyr, Saint-Aude;1875-1961.

Des travaux en groupe sur les bonnes pratiques de la description archivistique et de la saisie des notices d’autorité sous ICA-Atom avaient aussi été prévus. Un groupe sur la normalisation de la description archivistique, un autre sur la saisie dans la zone d’identification, la saisie dans la zone de description ou un autre sur la saisie dans les zones des relations et du contrôle de la description.
Enfin, le dernier jour était consacré aux «points d’accès» :indexation, liste d’autorité et autre thésaurus ainsi qu'avec des exemples de mise en œuvre sous ICA-AtoM (exercices pratiques d'exportation et d'importation des notices SKOS, etc.
Bref, j'ai été ravi-ravi de cette formation.

Merci à tous les participants et à la Martinique !

Martinique Jazz Festival 2012

J'étais en Martinique en ce début de décembre 2012 et j'ai franchement été bluffé par l'offre culturelle que nous offre ce département.
Le samedi 1er décembre à l'Atrium (une belle salle de concert à Fort-de-France ) en première partie, j'ai assisté à un jazz dit pop, mais j'ai trouvé que c'était plutôt un jazz vocal (assez mélodique) avec de subtils arrangements. Véronique Hermann Sambin, fille du pays, à la voix, et j'ai reconnu Tony Texier, pianiste franco-américain (avais assisté à son concert au Sunset à Paris où il était avec son quartet, c'était en juin dernier).
En seconde partie, arriva enfin Lucky Peterson à la guitare, à l'orgue et au chant. Alors là, quel organe ! Du jazz soul à la Ray Charles que je n'ai pas connu. Une mise en scène extraordinaire, notre Lucky Peterson se donnait littéralement au public, allait et venait, des gradins à la scène, il était «dedans» comme on dit. J'ai franchement adoré.
Le lendemain dimanche, nous quittions Fort-de-France et l'Atrium, pour Fonds-Saint-Jacques, à l'est de l'île, pour écouter Carlton Rara et ses arrangements en créole et en anglais, bien qu'il soit franco-haïtien, il a une voix subtile et j'ai vraiment beaucoup apprécié son «jazz-reggae» ainsi que ses compositions originales sur des thèmes traditionnels caribéens. Là aussi j'ai reconnu à la guitare, pour l'avoir entendu quelque part, Johary Rakotondramasy (un malgache), Serge Balsamo, autre guitare, était à découvrir. En seconde partie, nous avons eu du jazz classique mais nous avons dû rentrer à Fort-de-France pour cause de travail le lendemain.
Voyez plutôt leur site pour se faire une idée http://www.cmac.asso.fr/martinique-jazz-festival-32.html

Bref, merci aux personnes qui m'ont accompagné à ces concerts, qui m'ont fait visiter l'île, donner l'histoire de Fonds-Saint-Jacques et fait passer un moment délicieux en Martinique où j'étais venu donner une formation sur la manière de décrire les Archives sous ICA-Atom...

mardi 30 octobre 2012

Installation de ICA-Atom pour y importer des IR en CSV…



Dans le cadre d’une formation que je dois dispenser dans un service d’archives départementales, le chef de service me propose, entre autres, de prévoir une séance de démonstration d’un import d’un instrument de recherche (IR) sous forme tabulaire ou CSV sous ICA-Atom (j’avais déjà évoqué ICA-Atom dans un précédent billet).

Proposition louable mais combien délicate. Déjà, sur le site démonstration de ICA-Atom, dans les choix des imports possibles, on nous propose soit une instance XML soit un CSV. Jusqu’à là, tout va bien, sauf qu’il est impossible d’importer quoique ce soit ! le message suivant apparaît:
«Oops! An Error Occurred, The server returned a "500 Internal Server Error". Sorry something went wrong. Try again a little later or ask in the discussion group. What's next. Back to previous page»…
On est bien avancé…

Pour essayer notre cher import CSV, la solution idéale consisterait donc à installer ICA-Atom en local et tester l’import en espérant qu’il y ait un exemple de fichier CSV…mais mille fois hélas, il n’y pas de modèle de fichier CSV ! j’en ai créé un de tout part et essayé l’import…

Exemple de mon fichier CSV : les données de chaque ligne sont séparées par un point-virgule correspondant aux séparations entre les colonnes dans un tableau dont la première ligne serait les éléments de EAD (j’y ai mis les éléments obligatoires genre ead, archdesc, etc., deux niveaux de description)
ead;eadheader;filedesc;archdesc;did;origination;unitid;unitttle;unitdate;unitid;unitttle;unitdate;physdesc;unitid;unitttle;unitdate;physdesc;scopecontent
;;;;;;Z/3/2 à Z/3/23;1er tribunal criminel provisoire;;;;;;;;;;
;;;;;;;;;Z/3/2 et Z/3/3;Minutes de jugements;Avril 1791 à août 1792;594 pièces;;;;;
;;;;;;;;;;;;;Z/3/4;Affaires à parties civiles;8 juin 1791-18 août 1792;;
;;;;;;;;;;;;;Z/3/4, Dossier 1;Appointements;sans date;1 pièce;
;;;;;;;;;;;;;Z/3/4, Dossier 2;Choix des tribunaux d'appel;28 décembre 1791-25 février 1792;2 pièces;

;;;;;;;;;;;;;Z/3/8;Dossiers de procédure;19 février-31 mai 1791;23 dossiers;Pièces de forme (procès-verbal d'arrestation;

;;;;;;;;;;;;;Z/3/8, Dossier 1;Durand (François);19 février 1791;17 pièces;vol d'une montre en or;
;;;;;;;;;;;;;Z/3/8, Dossier 2;Galant (Françoise), femme Mercier, chiffonnière;11 avril 1791;17 pièces;vol d'une redingote;
Mais macache bonnot, ça ne fonctionne pas ! J’en ai parlé à Jean-François Moufflet (j’avais déjà évoqué son nom dans un précédent billet), qui est l'un des rares et excellents spécialistes francophones en ICA-Atom, il m’a aussi laissé entendre que ce manque d’exemple sur le site demo n’est pas très confortable.

Mais commençons par le début. J’ai profité de la présence de Jean-François Moufflet pour installer la nouvelle version de ICA-Atom (1.3) en local sur mon poste. À ce sujet, voici quelques astuces avant de l’installer :

Comme vous le savez, il faut d’abord installer Wamp avant ICA-Atom.
Wamp se trouve sur http://www.wampserver.com/
ICA-Atom sur https://www.ica-atom.org/

0- mais auparavant, pour éviter d'avoir ce message très méchant en installant Wamp :
Aestan Tray Menu a rencontré un problème et doit fermer. Nous vous prions de nous excuser...
AppName : Wampmanager ModName : kernel32.dll AppVer : 1.6.1.33 ModVer : 5.1.2600.5781 OffSet : 00012afb

1.- assurez-vous que votre ordinateur dispose du dernier Service Pack (le 3) et des dernières mises à jour critiques Windows XP (si vous l’utilisez), et pour vous procurer les dernières mises à jour de sécurité, visitez le site Windows Update (procédez à une installation sur XP 32 bits si vous n’êtes pas sûr que vous êtes sur 64 bits).

2.- ensuite, assurez-vous que sur votre Windows XP sont correctement installés Visual C++ 2008 et Visual C++ 2010 (je n’avais installé que ce dernier et Jean-François Moufflet m’a conseillé d’installer les deux)...pour installer ces "Redistributable Package" aller sur :
http://www.microsoft.com/download/en/details.aspx?id=29 (x86)
http://www.microsoft.com/download/en/details.aspx?id=15336 (x64)

3.- installez également dotNetFx40_Client_setup.exe (personne ne le conseille et pourtant ce .exe est spécialement conçu pour exécuter des applications clientes et n’est pas, d’une manière innée, présente sur les postes).

4.- et puis n’oubliez pas qu’il est toujours recommandé d'installer les applications à la racine d'une partition (ici ce sera C:\Wamp) et de ne pas utiliser un nom de dossier comportant des espaces ou des caractères accentués.

5.- s’assurez aussi de laisser le port 80 libre (Skype l’utilise souvent, aussi si vous avez Skype sur votre poste, alors dans les Options de Skype aller sur Outils -> options -> Paramètres avancés -> Connexion et décocher la case "Utiliser les ports 80 et 443 comme alternative." et par la même occasion, vérifiez que le Firewall (parefeu) autorise (et n'interdit pas) les mêmes accès.

6.- souvent, notre anti-virus bloque les accès à l’installation de Wamp, aussi pensez à «autoriser» tous les fichiers Wamp (wamp\wampmanager.exe) ainsi que ceux des Apache et autres Mysql.

7.- si précédemment Wamp avait été désinstallé, alors toujours vérifier que les deux services wampapache et wampmysqld sont supprimés avant d'installer une nouvelle version (pour supprimer un service : Démarrer, Exécuter, Tapez : "SC DELETE " (sources : forum.wampserver.com/).

Donc une fois Wamp correctement installé, place à la nouvelle version de ICA-Atom (1.3), ici pas de difficultés majeures. En suivant le manuel que Jean-François Moufflet a rédigé, il suffit juste d'installer AtoM 1.3 dans le répertoire C:\wamp\www puis de décompresser 2 fois. Une première fois par un clic droit «Extraire ici...» et après apparition d’une deuxième archive au format TAR, la décompressez de la même manière. Résultat : deux autres fichiers, «ICA-Atom 1.3» et «package.xml», à laisser sur C:\wamp\www 

Paramétrer ensuite la base de données d’AtoM par clic gauche sur l’icône du serveur Wamp en bas à droite sur la barre des tâches, et sélectionnez : «php my admin», sur «Bases de données» en haut de l’écran à gauche, on renseignera deux champs : le nom de la base (il est conseillé de mettre «qubit», mais on est libre semble-t-il, de choisir un autre nom) et le codage de caractères dans la base (ici sélectionnez «utf8_unicode_ci») puis cliquez sur «Créer».

Extrait du manuel que Jean-François Moufflet a rédigé

Une fois la base créée, cliquez sur «Vérifier les privilèges» dans la ligne de la base qubit dans le tableau et y «ajouter un utilisateur» pour lequel on s’accorde évidemment tous les droits d’administration sur la base d’AtoM. Enfin, entrer un nom d’utilisateur ainsi que le mot de passe (par deux fois) et indiquer que l’utilisateur est un client «Local» (c’est important sinon AtoM ne fonctionnera pas) dans le menu déroulant.

Après avoir accorder à l’utilisateur tous les droits grâce au bouton «Tout cocher», on validera en cliquant sur «Exécuter» et en refermant le navigateur.

Le paramétrage de la base est terminé. Sur l’icône du serveur (dans la barre des tâches en bas à droite), on sélectionne : «Localhost» et la page d’accueil du serveur s’ouvre dans le navigateur. Les programmes que le serveur peut exécuter apparaissent sous la rubrique : «Your projects» et on y retrouve notre «Atom 1.3».
On suit les instructions (par validations successives, etc.), cela peut prendre un certain temps mais surtout ne toucher à rien pendant cette phase, et n’actualisez pas non plus la page même si l’étape semble longue (ce temps est nécessaire à Atom pour charger les données). Vient ensuite la page «ouverture de session» où on y entre les identifiants administrateur saisis plus haut lors du paramétrage.

Revenons maintenant à notre import CSV. Mon exemple de fichier CSV dont la première ligne était les éléments obligatoires de EAD n’a pas fonctionné. Nous sommes allés à la recherche d’un autre exemple sur un wiki de Qubit https://www.qubit-toolkit.org/wiki/CSV_import (c’est en anglais) où on explique qu’on doit au préalable normaliser les noms correspondant à ceux de AtoM. Et on nous fournit des exemples de fichiers disponibles. On se dit chic ! voilà qui mettra fin à notre essai d’import.

Je télécharge donc ce fichier CSV fourni par le wiki, il se présente sous forme zip (Example_information_objects_isad_csv.zip) et effectivement l'ordre des colonnes dans ce fichier semble être du même ordre que celui dans l'interface AtoM, à savoir les noms corrects dans des valeurs des cellules de la première ligne ce qui permet à AtoM pour importer des valeurs dans chaque colonne pour les champs AtoM.

legacyId;parentId;qubitParentSlug;identifier;title;creators;creatorHistories;creatorDates;creatorDatesStart;creatorDatesEnd;creatorDateNotes;levelOfDescription;extentAndMedium;repository;archivalHistory;acquisition;scopeAndContent;appraisal;accruals;arrangement;accessConditions;reproductionConditions;language;script;languageNote;physicalCharacteristics;findingAids;locationOfOriginals;locationOfCopies;relatedUnitsOfDescription;publicationNote;generalNote;subjectAccessPoints;placeAccessPoints;nameAccessPoints;descriptionIdentifier;institutionIdentifier;rules;descriptionStatus;levelOfDetail;revisionHistory;languageOfDescription;scriptOfDescription;sources;archivistNote;publicationStatus;physicalObjectName;physicalObjectLocation;physicalObjectType;culture
1;;;F1;Example Fonds;Test Creator 1|Test Creator 2;History of Test Creator 1|History of Test Creator 2;Dates for Creator 1|Dates for Creator 2;2000|2010;2001|2011;Date notes for Test Creator 1|Date notes for Test Creator 2;fonds;Example Fonds extent and medium;Example Repository;Example Fonds archival history;Example Fonds acquisition source;Example Fonds scope and content;Example Fonds appraisal;Example Fonds accruals;Example Fonds arrangement;Example Fonds conditions governing access;Example Fonds reproduction conditions;en|fr;en;Example Fonds language note;Example Fonds physical characteristics;Example Fonds finding aids;Example Fonds location of originals;Example Fonds location of copies;Example Fonds related units of description;Example Fonds publication note;Example Fonds general note;Subject 1|Subject 2;Place 1|Place 2;Name 1|Name 2;Example Fonds description identifier;Example Fonds institution identifier;Example Fonds rules and conventions;Final;Full;Example Fonds dates of creation, revision, and deletion;en|fr;;Example Fonds sources;Example Fonds archivist's notes;Published;Example Shelf;Example Shelf Location;Shelf;en

Le legacyId (première colonne) est soit disant utilisé pour associer des données existantes spécifiques aux données d’Atom en spécifiant les héritages (pour les relations parent/enfant) dans les cas où les données sont importées à partir de sources multiples et pour ne pas entrer en conflit (donc élément obligatoire).
Les autres éléments, parentId, qubitParentSlug, etc. sont propres aux erreurs lors de l'importation d’après le wiki...

On nous propose de créer une ligne vierge après la ligne du haut et remplir avec les valeurs de ce test.
Je teste une importation avec cet exemple et…pareil : macache bonnot !

Je crois que je vais laisser tomber l’import d’un CSV sur ICA-Atom à moins que quelqu’un d’entre vous n'y arrive, auquel cas je lui serai très reconnaissant de me montrer la tactique du gendarme.

vendredi 26 octobre 2012

ETAREP et EAD

Image tirée du site des AN  sur un exemple de recherche en ETAREP 

ETAREP est une base du Minutier central des notaires de Paris, Archives nationales (AN) qui donne au lecteur l’ensemble des répertoires des notaires (environ 3000 répertoires de la fin du XVIe au début du XXe siècle) sous forme d’images numériques avec leurs notices descriptives rédigées en XML/EAD.

Après la présentation de ETANOT dans un précédent billet, voici maintenant la base ETAREP telle qu’on pouvait encore l’utiliser en 2012. En 2013 en effet, avec la mise en chantier de la salle des inventaires virtuelle (SIV) sur l'Internet et dans les salles de lecture des Archives nationales, la configuration sera totalement différente puisque depuis n'importe quel lieu, le lecteur disposera d'un espace de travail personnel dans lequel il pourra sauvegarder le résultat de ses recherches sur les cotes et éventuellement y cliquer directement (système de cote cliquable) pour commander son article ou sa liasse de telle étude de notaire…mais pas les répertoires de tel notaire puisque ceux ci ont été intégralement numérisés et consultables ainsi sur le site des AN.

Rappelons que les répertoires des notaires sont des registres établis par lui et où sont consignés chronologiquement tous les actes passés dans son étude. Ils sont très utiles au lecteur qu’il soit généalogiste, historien, chercheur, etc. pour localiser un acte précis dont il ne connaît qu’un intervalle de dates. D’une manière générale, les répertoires indiquent la date, la nature de l’acte (la typologie des actes fera l’objet d’un billet à venir) ainsi que les noms des parties. C’étaient en somme les premiers instruments de travail des clercs et notaires qui, aujourd’hui, nous servent d’instruments de recherche à part entière.

Une opportunité pour moi donc d’évoquer la genèse de ETAREP et son devenir.

Les répertoires forment une série presque complète (XVIe-XXe siècle) au Minutier central des notaires de Paris qui en conserve sur plus de 200 mètres linéaires de rayonnages (en fait presque toutes les études ont des répertoires), ce qui représente (source : site actuel des Archives nationales) environ 3300 répertoires correspondant à plus de deux millions de pages environ. Ces répertoires avaient déjà été microfilmés au cours des années précédentes.

En fait, cette opération ETAREP s’inscrivait dans un projet plus vaste appelé NOEMI qui avait pour but de procéder à la description directe en XML/EAD des dits répertoires et de leur mise directe sur Internet. Après une phase de réflexion et d’étude de faisabilité commencé en 2003, c’est l’année d’après (en 2004 donc) qu’un marché de numérisation de ces microfilms fut confié à la société SAFIG Numway (une partie avait été numérisée en 2001 par la société Jouve pour les études I à X). 

Ont également été numérisés, les répertoires des études déjà traitées au fur et à mesure de leur versement ainsi que les plus anciens qui eux, avaient été insérés dans des registres (c’est un peu compliqué à expliquer ici mais au tout début, les notaires se servaient des registres des minutes pour établir leur répertoires). Au fur et à mesure de cette numérisation, le contrôle (qualité des images, cohérence, etc.) a été assuré par le service informatique de cette époque ainsi que par le département de la conservation.

En ce qui concerne l’encodage, la description des répertoires s’est faite en deux étapes, d’abord par la rédaction classique de notices EAD décrivant chacune l’état des répertoires d’un notaire dans une étude et ensuite par l’établissement de liens entre les notices descriptives et les fichiers images numériques par l’élément dao (c’est un fichier type tableur Excel qui a permis le récolement et le contrôle des images stockées sur un serveur). Une instance EAD ayant un niveau level="item" avec pour attributs label="feuillets"> [ici l’indication des feuillets en recto et/ou verso], puis les classiques unitid, unittitle, unitdate, physdesc, genreform, etc.

Exemple :
RE/IX/1 Répertoire chronologique du notaire untel pour l'étude IX 10 novembre 1631-12 janvier 1635 untel notaire Ce répertoire contient  50 feuillets de papier manuscrits, et fait partie d'un registre de 110 feuillets, hauteur 30,5 x largeur 21 cm foliotés par le notaire. Le registre est dérelié, le premier feuillet est détaché., etc., obtenu par le code suivant (où j'enlève les chevrons, l'éditeur l'interprétant comme du vrai code !): 
did unitid RE/IX/1 /unitid unittitle Répertoire chronologique du notaire untel pour l' corpname normal="ET009" étude IX /corpname /unittitle unitdate type="inclusive" normal="1631-11-10/1635-01-12" 10 novembre 1631-12 janvier 1635 /unitdate origination persname normal="nom, prénom" untel notaire /persname /origination physdesc Ce répertoire contient   extent 50 feuillets /extent de papier manuscrits, et fait partie d' extent un registre /extent de extent 110 feuillets /extent , dimensions hauteur 30,5 x largeur 21 cm /dimensions foliotés par le notaire. Le registre est dérelié, le premier feuillet est détaché. /physdesc /did, etc.
La description du contenu scopecontent indique que le répertoire contient les informations suivantes: nature de l'acte, nom, prénom des parties, numéro de l'acte, etc.

Lorsque un registre contient aussi le répertoire des actes produits par un autre notaire (cas évoqué plus haut), alors on le renseigne aussi dans le scopecontent et on y indique le nom du notaire dans origination, persname normal="nom de l’autre notaire, prénom de l’autre notaire "prénom nom, persname, origination.

Exemple de recherche par nom du notaire : dans le menu déroulant, on sélectionne le nom du notaire.
(image tirée du document en ligne (en pdf) sur un exemple de recherche en ETAREP)



La saisie de ces notices descriptives s’est faite sur des postes équipés de la licence XMetaL et l’équipe de saisie comptait alors 9 personnes par équipes de 2 personnes à raison de trois séances d’une demie journée par semaine (personnels scientifiques, agents administratifs, agents techniques) épaulés de temps en temps par des vacataires.
Les personnels scientifiques, ainsi que les vacataires, avaient au préalable suivi le stage de formation théorique et pratique à l’utilisation de XML et de la DTD EAD organisé par le service informatique de l’époque. Les autres agents avaient été formés par les responsables du projet.
La mise sur Internet s’est faite en plusieurs étapes, d’abord la création de dossiers (un dossier par notice) regroupant pour chaque notaire la notice en XML/EAD, le fichier Excel de récolement et les images numériques correspondantes. Ensuite ces dossiers ont été transférés sur un serveur, organisés en autant de sous-dossiers selon la structure de l’instance XML/EAD, traités par Navimages (les notices étant alors publiées sur Pleade) et le travail final, remarquable par sa simplicité d’interrogation, sa rapidité de chargement des images et son agréable ergonomie, sans compter sa documentation complète, se découvre depuis 2011 sur le site des Archives nationales (rubrique  : Interroger la base de données ETAREP).

Pour chaque image, je peux en effectuer une rotation, l’afficher à sa taille réelle, l’agrandir en une entière ou une partie d’image (très simplement, en dessinant un rectangle pour sélectionner la partie à agrandir) et évidemment l’imprimer et auquel cas (et là je cite l’avertissement sur le site des AN) «Les contenus (images ou textes) mis à disposition sur ce site sont la propriété exclusive des Archives nationales. Seule la reproduction en vue d’un usage exclusivement privé des images et des textes contenus dans les différentes pages de ce site est autorisée. Toute diffusion de contenus sous quelque forme et sur quelque support que ce soit (papier, audiovisuel ou numérique), pour quelque finalité que ce soit (pédagogique, scientifique ou commerciale), doit faire l'objet d'une demande d'autorisation préalable auprès des Archives nationales».

Seul léger bémol, mais ce sera différent une fois effectuée la migration de cette base sur le SIV (voir plus haut), pour le moment, la consultation de ETAREP est optimisée sur le navigateur Internet Explorer en ayant chargé au préalable le logiciel gratuit Adobe® SVG Viewer…mais je peux tout aussi consulter ETAREP sur Chrome de Google (mais sur lequel j’aurai également chargé un émulateur Internet Explorer…un greffon gratuit qu’on trouve sur le site de Chrome).

Bref, comme je l’avais expliqué dans le billet sur ETANOT, j’ai voulu évoquer ETAREP dans sa version actuelle avant sa migration dans le nouveau système SIV d’ici quelques mois. Rendez-vous est donné en 2013.


samedi 20 octobre 2012

Les Mudgal : danseuse gracieuse et chanteuse enthousiaste

(image trouvée sur le site du musée Guimet)

Hier vendredi 19 octobre à 20h30 à l'auditorium du musée Guimet, j'ai assisté à un excellent récital de danse classique Odissi. Question danse classique indienne, on connaît surtout le bharata natyam ou le kathak. L'une et l'autre (j'avais également assisté à ce type de danse, toujours à l'auditorium du musée Guimet) sont des danses traditionnelles magnifiques, rythmiques et qui se réfèrent à une histoire racontée, une narration sur un thème mythologique, originaire tantôt du nord de l'Inde, tantôt du sud.

L'Odissi vient plutôt de l'est de l'Inde, plus particulièrement de l'état de l’Odisha ou Orissa je ne sais plus trop, à côté du Golfe du Bengale.

Hier soir (et ce soir aussi), c'est Arushi Mudgal et ses musiciens qui nous offrent un spectacle et un récital de chant franchement exquis.

La chanteuse classique est en fait la sœur aînée de la danseuse qui interprète des tableaux mythologiques se référant à Krishna et à ses femmes, dont Rada, mais aussi des tableaux religieux (« rendre grâce à tel dieu ») ou à la nature (le printemps notamment). La chanteuse a franchement une très belle voix, elle se cale littéralement (ou alors c'est l'inverse ) aux pas de la danseuse. Un joueur de flûte et un percussionniste de talent complètent la «troupe».
La chanteuse m'a fait chaud au cœur, par son regard, sa tendresse, sa fragilité apparente, ses mimiques, son étroite et parfaite «communion» avec sa sœur.

J'avais trouvé le kathak très masculin, avec des pirouettes extraordinaires du danseur qui possède de grandes qualités physiques à cause des mouvements très rapides des pieds et des mains. L'Odissi est plutôt «féminin» je trouve, très gracile, sensuel et délicat dans les mouvements, jamais brusques ou alors franchement (surtout le dernier tableau).

Arushi Mudgal et sa soeur font partie d'une grande lignée de danseurs et de musiciens, des générations d’artistes comme s'il se fait en Inde. Elle a appris la danse par sa tante.
On apprend aussi que le flutiste confectionne ses propres flûtes (il en avait 2 hier soir). Quant au génial percussionniste, c'est sa première tournée à l'étranger...

Bref, nous avons vraiment beaucoup aimé cette forme de danse interprétée par une danseuse gracieuse et une chanteuse enthousiaste.

mardi 16 octobre 2012

ETANOT et EAC

La base ETANOT sur le site des Archives nationales en 2012


ETANOT est une base des Archives nationales (AN) qui donne la liste des notaires parisiens depuis le XVe siècle environ jusqu’à nos jours, même si de nos jours, on le sait, le Minutier central ne conserve pas encore leurs archives.

Chaque notaire y a fait l’objet d’une notice (environ 3300 notices) qui donne son identité, ses dates d’exercice, l’étude dans laquelle il exerce ou il a exercé (aujourd’hui plus de 130 études mais seules 122 sont répertoriés), son adresse, sa localisation, des éléments de biographie si on les connaît (la sous-série BB/10 ministère de la Justice, Notaires, conservés aux Archives nationales, nous donne ces informations), et évidemment les archives qu’il a produites, etc.
Ces informations ressemblent beaucoup à celles trouvées dans les normes de description archivistique: ISAD(G) et ISAAR(CPF)…beaucoup plus dans cette dernière puisque l'objectif d'ISAAR(CPF) était la rédaction de notices d’autorité offrant une description détaillée des entités Collectivités, Personnes et/ou Familles permettant d'élaborer des notices dans lesquelles la forme du nom du producteur d'archives est normalisée pour constituer un point d'accès, et où sont données ses caractéristiques essentielles pour pouvoir replacer ses archives dans leur contexte de production, aujourd’hui et aussi dans le futur (en 2013 il est prévu que les notaires versent leurs minutes aux AN)…

Un petit mot sur la norme internationale sur les notices d'autorité ISAAR(CPF) publiée en 1996 par le Conseil international des archives (ICA) puis révisée en 2004 (on a constaté en effet que si la norme de description ISAD(G) permettait de décrire des notices d'autorité dans sa zone du contexte (zone 3.2), celles ci étaient tout de même assez sommaires)...

On prévoit d’ici 2013 de migrer la base ETANOT vers le nouveau système informatique (SIA/SIV) des AN, plus précisément dans le référentiel producteur. L’occasion pour moi donc, de revenir sur la genèse de cette innovante base imaginée et conçue dès 2004 par une géniale archiviste, alors responsable du service informatique des AN. Une vraie cyber-archiviste très visionnaire pour l’époque. Bravo à elle.

Dans les formations que je dispense, je donne souvent l’exemple de cette base pour illustrer ISAAR(CPF) et EAC, ce que je compte faire dans ce billet.

Mais d’abord, quelques aspects techniques de ETANOT : les notices proviennent d’une fort ancienne base de données documentaire alimentée et à tenue à jour régulièrement par le personnel du Minutier central depuis les années 1990. Cette base a été complétée par d’autres apports pour lesquels je ne rentre pas trop en détail, notamment l'outil informatisé d’orientation dans les fonds du Minutier central appelé Noemi pour NOtaire MInutes, lancé en 1995 mais qui n’a pu être mené à son terme, etc.

C’est cette base (type séquentielle indexée, et donc Cindoc pour ne pas la nommer, et donc pas du tout relationnelle) qui a été convertie d’un format texte structuré vers le format XML grâce à un programme XSLT sur mesure ! …seule une cyber-archiviste pouvait imaginer tel traitement…et c’était déjà en 2004.
Comme vous le savez, XSLT permet de restructurer les données, de les enrichir et de créer une instance XML complètement différente de celle d’origine. Ce qui s’est passé pour cette migration pour laquelle divers traitements ont structuré les données, des éléments d'indexation ont également été rajoutés pour enfin, aboutir à une instance XML conforme à la DTD Encoded Archival Context (EAC) version 2004, publiée et aujourd'hui consultable en ligne sur le site des AN et donc du ministère de la Culture.

ETANOT sera migrée dans le référentiel producteur du SIA (le nouveau système informatique des AN) en 2013. On pourra alors, depuis une notice d'autorité, pouvoir atteindre par simple clic un répertoire produit par le notaire ainsi qu’à toutes ses images numériques (rappelons qu’un répertoire est un registre établi par le notaire, où sont relevés dans l’ordre chronologique tous les actes passés dans une étude en indiquant essentiellement la date, la nature de l’acte et les noms des principales parties concernées, cette base existe, il s’agit de la base ETAREP, consultable sur le même site mais d’une manière indépendante pour le moment à cette adresse).

Bon, revenons maintenant à ce pour lequel j’ai rédigé ce billet : les équivalences des zones d'ISAAR(CPF) dans EAC en prenant pour exemple la base ETANOT.

Liste des notaires de l'étude XXIX
(mention obligatoire : notice extraite de l'application ETANOT, pour toute diffusion publique ou exploitation commerciale, une autorisation préalable est à demander aux Archives nationales)

S’il n'existe pas de correspondance stricte (élément à élément) entre ISAAR(CPF) et l’EAC, on peut toutefois faire correspondre certains éléments de la norme à des éléments spécifiques de la DTD (où on y trouve l'intégralité des éléments d'ISAAR(CPF)).

Déjà, voyons l’élément racine obligatoire qui signale une nouvelle instance, elle se subdivise en deux éléments qui ne correspondent en rien aux deux sections 5 et 6 (5 Éléments d'une notice d'autorité et 6 Relations entre les collectivités, les personnes et les familles, et des ressources archivistiques ou autres). Ces deux éléments correspondent en fait à la Zone du contrôle 5.4 et, ici "description du notaire", qui regroupe les informations de 5.1 à 5.3...bon, c'est un peu alambiqué comme système mais on s'y retrouve ensuite lorsque l'instance est publiée et mise en ligne.

Ensuite seuls 4 éléments sont obligatoires dans ISAAR (CPF) [Type d’entité, Nom, Date, Numéro] et tous figurent dans ETANOT, sauf le premier, implicite, qui est 5.1.1. Type d’entité = P (personne). Les 3 autres sont 5.1.2 Forme autorisée du nom = ici Nom du notaire, 5.2.1 Date d’existence du producteur = ici Dates d’exercice et 5.4.1 Code d’identification notice = Numéro de notice (exemple FRDAFANCH00MC_NANOTAIRE03027).



Nom du notaire=5.1.2 Forme autorisée du nom
Dates d’exercice=5.2.1 Date d’existence du producteur
 Numéro de notice=5.4.1 Code d’identification notice
etc.
(mention obligatoire : notice extraite de l'application ETANOT, pour toute diffusion publique ou exploitation commerciale, une autorisation préalable est à demander aux Archives nationales)


Voyons à présent la reprise zone par zone en commençant par la Zone d’identification. On trouve 5.1.5 Autres formes du nom = Autre(s) forme(s) du nom (Formes parallèles du nom (5.1.3) n’a pas été utilisé de même que  Formes du nom normalisées selon d’autres conventions (5.1.4) ainsi que, et ça se comprend, le Numéro d’immatriculation des collectivités (5.1.6).

5.2.2 Histoire = ici Informations biographiques qui se retrouve autant que faire se peut, dans un grand nombre de notices (informations glanés ça et là dans les almanachs, bulletins officiels, tables des lois, etc. et notamment en BB/10).

5.2.3 Lieux = ici Adresse(s) professionnelle(s), se retrouve partout (exemple : rue de la Ferronnerie de 1776 à 1782, rue Croix-des-Petits-Champs de 1783 à l’an II) et une particularité est que «Paris» est implicite sauf mention contraire.

5.2.4 Statut juridique n’a pas été retenu dans ETANOT (aujourd’hui cela pourra poser un problème car comment donner l’information sur un notaire dépendant hiérarchiquement d'un autre «producteur» doté d’une personnalité morale, quel statut juridique pourra être retenu pour une «Société de notaires» par exemple ?)…j’ose imaginer et espérer, mais je n’ai aucune vision future de la V2 du SIA/SIV, que celle ci nous donnera la possibilité de le renseigner et de l’encoder.

5.2.5 Fonctions et activités non plus n’a pas été retenu dans ETANOT parce que implicite (il faudrait en effet mettre partout «Notaire»…).

5.2.6 Textes de référence : on aurait pu y mettre les informations des lettres de provision d’office, des décrets, des arrêtés de nomination, etc. mais en réalité on les retrouve dans 5.2.2 Histoire vu plus haut.

5.2.7 Organisation interne/généalogie, non retenu car il s’agit évidemment de Collectivités/Familles.

5.2.8 Contexte général : figure en introduction sur la page d’accueil du site, donc inutile de le répéter systématiquement.

Poursuivons notre reprise zone par zone et intéressons-nous au Type de relation qui, rappelons-le peut être chronologique, hiérarchique, d’association, d’appartenance (à une famille). Dans ETANOT, le type de relation est implicite sur le plan de la relation chronologique (on sait que tel notaire a eu pour prédécesseur untel et successeur un autre grâce aux noms qui s’affichent chronologiquement sous le numéro de l’étude concernée).

Pour ce qui concerne 5.4.2. Code d’identification du ou des services qui ont élaboré la notice d’autorité , le terme générique «Minutier central» est implicite.

5.4.3. Règles ou conventions suivies est indiqué sur la page introductive.

5.4.4. Niveau d’élaboration (projet, notice validée, révisée, détruite) : «notice validée» est implicite dans ETANOT…on aurait pu prévoir d’autres choix (la V2 du SIA/SIV donnera-t-elle la possibilité de l’encoder ?).

Enfin la Zone du contrôle.
5.4.5. Niveau de détail (élémentaire, moyen ou complet) : cette information manque également dans ETANOT mais comme la norme ISAAR (CPF) prévoit qu’une notice peut être élémentaire, moyenne ou complète, les niveaux «élémentaire» et «complet» étant définis par la norme, le niveau «moyen» est laissé à l'appréciation des utilisateurs, on peut supposer que le niveau est «complet» puisqu’à l’exception de Statut juridique, un bon nombre de champs est renseigné comme les Histoire, Lieux, Fonctions et activités, Textes de référence et Sources, etc.

5.4.6. Date(s) de création, de révision ou de destruction : manque dans ETANOT.

5.4.8. Sources : ces informations figurent dans «Autres documents connus relatifs au notaire» et dans «Éléments de bibliographie», mais il y a déjà beaucoup d’informations à ce sujet dans les pages d’introduction sur le site.

5.4.9. Notes relatives à la mise à jour de la notice : le nom de l’auteur de la notice ne figure pas dans ETANOT mais seulement dans la base de données à plat dont j’ai dit quelques mots plus haut.
Bon voilà tout. Ça fait un billet assez lourd mais je voulais absolument dire quelques mots de ETANOT dans sa version actuelle avant sa migration dans le nouveau référentiel producteur  du SIA/SIV d’ici quelques mois.



lundi 15 octobre 2012

Un homme fou de lumière : Hopper au Grand Palais

Le truc de Hopper c’est la lumière qui entre par une fenêtre, très délicat à réaliser.


Voici une exposition qui m’a réellement émerveillé ! celle d’Edward Hopper au Grand Palais en ce moment. Que du figuratif (il ne s’est jamais mis au cubisme) et sa femme qui était aussi peintre, en avait franchement horreur du l’abstraction. Sa femme Joséphine qu’il appelle Jo est représentée sur la dernière œuvre en fin d’exposition : Two Comedians en forme d’adieu au monde, en 1965…
…donc que du figuratif et de la nature à profusion (scène de la vie quotidienne, paysages de la campagne américaine, paysages du littoral, maisons, phares, bateaux, voie ferrée genre Paris-Texas de Wenders…).

Attention, il y a beaucoup de monde au Grand Palais ! avec ma carte coupe-file j’ai pu y pénétrer rapidement. Je vous conseille de prendre un audio-guide (5 €), les œuvres sont très peu commentées à l’exception des panneaux et sous-panneaux vraiment très bien rédigées. J’y retournerai volontiers avec cette fois un audio-guide.

Que y voit-on ? Qu’apprend-t-on ? Beaucoup de choses. Voyez plutôt tous les articles écrits sur lui, un wiki lui est aussi consacré. Bref pour faire rapide, Hopper est mort en 1967 vers ses 80 ans. C’est un américain de parents français et irlandais. Il est à Paris de 1906 à je ne sais plus combien, habite rue de Lille et peint d’admirables scènes parisiennes avec ou sans personnages (j’ai admiré les escaliers de son appartement, magnifique ! aucun être humain, que des marches d’escalier, tel un Francis Ponge de la peinture…).

Le truc de Hopper c’est la lumière, celle du soleil en particulier. J’ai vu, vraiment par hasard, un excellent reportage sur Arte hier dimanche (le même film vaut 20 € au musée, une vraie arnaque, à 10 € je l’aurai acheté mais pas à 20 !). On y apprend entre autres, qu’il avait beaucoup de mal à représenter la lumière qui pénètre dans la pièce éclairée de la maison à cause du positif et du négatif (lumière intérieure s’opposant à celle de l’extérieur, sombre) et que la lumière déforme la matière. Cette lumière entre toujours par une fenêtre ou une porte.

On y apprend aussi qu’il souhaitait (ou plutôt ses parents souhaitaient pour lui, il me semble) faire des études d’architecture et finalement s’orienta vers des études d’art à New York. Il devint illustrateur pour gagner sa vie (un diaporama de ses illustrations est projeté en continu au musée) et c’est après avoir exposé des aquarelles des grandes maisons bourgeoises de Gloucester en Nouvelle-Angleterre (des aquarelles de toute beauté vous verrez) qu’il se décide à se consacrer à la peinture (mais hélas il ne fera plus d’aquarelles) et qu’il commence à être connu. Mais au final, il produisit très peu (à la fin de sa vie, 1 à 2 par an !) mais fit beaucoup d’affiches, de gravures à eau-forte (exposées aussi) et évidemment de magnifiques aquarelles. Il travaillait avec lenteur, aimait la poésie française et le cinéma. Voilà tout.

Bref, il faut y aller au Grand Palais, quitte à faire la file 2 heures (oui, il paraît qu’il faut compter 2 heures de file pour ceux qui n’ont pas de coupe-file genre presse, sésame ou carte de la Culture, etc.), mais le jeu vaut la chandelle et puis vous n’êtes pas seul, il y a toujours un joueur de saxo qui semble toujours être présent sur le marches du Grand Palais, et qui vous accompagne et qui vous distrait. N’oubliez pas la petite monnaie.

mardi 25 septembre 2012

Du pétrole au Louvre

Source de l'image : Photos Libres


Depuis septembre 2012, on a installé le nouveau Département des Arts de l'Islam du musée du Louvre en la cour Visconti sous une verrière de maille et d’or…noir.

En effet, la liste des mécènes est écrit en gros dès l’entrée : des princes saoudiens, la firme Total, etc., un goût de pétrole donc.

Je l’ai visité hier 24 septembre en fin d’après-midi et je ne suis pas trop emballé. Je regrette l’ancien parcours, plus intelligent, plus lisible, plus didactique, plus instructeur. Aujourd’hui, les musées prennent en effet le pas de notre Éducation nationale, où les enfants s’ennuient et n’apprennent plus rien. Souvenez-vous, on avait, dans le temps (il y a à peine 10 ans), démembré le Musée de l’Homme dans lequel les pièces étaient dans leur «jus» pour en faire un Musée des «arts premiers» ridicule où les pièces sortent de leur contexte de production pour mettre en avant leur esthétique présumé. Tout ça dans l’unique intention de faire grimper le cours du marché de l’art. Franchement ridicule !…Là c’est pareil. On met en avant le «côté sensoriel», le côté esthétique d’un art qui est à la fois profane et religieux ne l’oublions pas.

Bref, je n’ai compris à ce nouveau concept du Département des Arts de l'Islam et j’ai franchement regretté l’ancienne section des arts de l’Islam (qui faisait alors partie du Département des antiquités orientales) avec son parcours nettement plus lisible au sein duquel j’ai tout appris sur la chronologie (je me souviens qu’il y avait à l’entrée, une belle frise qui a disparu dans ce nouveau parcours), les dynasties (almohades, almoravides et autres fatimides), la diversité des peuples, sur les hommes et les objets qu’ils ont produits, qu’ils soient profanes ou religieux. Ces textiles (le mot «tiraz», je l’ai appris là), ces bois sculptés, verres, flacons et vases soufflés, chandeliers, lampes et autres céramiques, mais aussi des éléments architecturaux n’avaient plus aucun secret pour moi.

Mais à l’instar du musée des «arts premiers» on a privilégié ici un «parcours sensoriel» où tout s’entremêle, s’imbrique en un fouillis sans nom ! imaginez un écrin très beau (j’ai aimé cette prouesse d’intégrer intelligemment ce genre de tente ondulée en résille d'or très contemporaine dans un cadre classique tout en laissant pénétrer la lumière par les façades, j’ai aimé ces deux niveaux d'exposition, etc.) sans rien dedans à l’exception d’une succession de pièces prestigieuses. Je n’ai pas apprécié le découpage chronologique approximatif (on ne sait plus à quel endroit commence les arts de la période fatimide, celle l'Espagne andalouse, celle de l'empire ottoman ou celle de l'Inde moghole…), les espaces thématiques qui semblent combler des vides (espaces calligraphie, textile et autres) sans compter cet espace des «clefs» (quatre coins multimédias) au milieu duquel on projette, en ce moment, un film d’une dizaine de minutes sur l’histoire de l’Islam et des religions de cette période. Le son est très faible et on est très souvent dérangé par les va-et-vient des visiteurs qui sans arrêt parlotent et discutent impunément à cet endroit…et je ne parle pas des flashs qui crépitent, alors qu’il est formellement interdit de les utiliser.
……..
Bref, avoir attendu 10 ans et avoir dépensé 99 millions d’euros pour un tel résultat, quel dommage, mais heureusement qu’il y avait le pétrole, mécènes et autres donateurs dont je ne suis pas, même indirectement…en effet je ne consomme pas du pétrole n’ayant pas de voiture et n’ayant même pas mon permis de conduire. Le pétrole du Louvre pourra continuer à couler sans moi…

jeudi 28 juin 2012

Méthodes et outils de l’archivage numérique



Je ne m’étais jamais inscrit à ce stage organisé le département de la formation scientifique et technique de la Direction générale des patrimoines du ministère de la Culture du 25 au 27 juin dernier. Mais ayant reçu une convocation (il arrive aussi au bureau des stages de se tromper), je m’y suis rendu comme participant.
Dans le cycle «Maîtriser l’archivage à l’ère du numérique» ce stage sur les Méthodes et outils de l’archivage numérique avait pour objectif d’être capable de définir et d’exprimer ses besoins en matière d’archivage numérique, de connaître et être capable d’analyser les outils du marché et enfin de savoir adapter les méthodes archivistiques à l’environnement. Tout ça en 3 jours. Donc très correct ! 
En pré-requis, il fallait déjà maîtriser des concepts associés à la dématérialisation, maîtrise le cadre réglementaire et juridique, connaître les bases de la conduite de projet et connaître un peu les principes du records management (RM). Coordonné par Céline Guyon des Archives départementales de l’Aube et animé par de nombreux intervenants, ce stage m’a vraiment beaucoup  apporté.

Le concept pédagogique était assez novateur. Généralement les stages du département de la formation scientifique et technique sur les Archives se limitent à des présentations théoriques. Ici, théorie, retours d’expériences et ateliers s’emboîtaient d’une manière très logique et fluide.

Je m’étais inscrit à 2 ateliers. Un sur la stratégie et la manière de se faire un choix d’un scénario d’archivage en utilisant la boîte à outils ASTARE dont je dirai un mot plus bas. Un autre sur la manière d’analyser le contexte et le périmètre des applications métiers et en particulier sur l’élaboration d’une grille d’audit des applications par l’utilisation du module 3 de ICA-Req par Lourdes Fuentes Hashimoto, archiviste aux Archives Ministère des Affaires étrangères et européennes (avec sa présentation de sa boîte à outils…celle ci sera complètement opérationnelle après le Congrès international de Brisbane en Australie cet été et comprendra des ressources adaptables à chaque pays, des manuels pédagogiques, des exercices pratiques, des diapositives, des supports de cours, etc.).

Les autres ateliers (3 par jour) se répartissaient entre la confection d’une grille d’un projet d’archivage électronique en vue de leur cartographie, entre l’élaboration les procédures d’archivage, un autre atelier sur l’archivage des courriels ou celle des bases de données relationnelles (SGDB) par le format SIARD initié par les Archives fédérales suisses qui l’avait développé en 2004.  Un fichier SIARD est un conteneur ZIP64 (format récent qui permet de contenir un plus grand nombre de données, environ 4 Go) et deux dossiers où sont stockées des métadonnées de la base de données archivée et le contenu des enregistrements de la base. Tout ça au format XML (donc un simple éditeur peut permettre d'enrichir les métadonnées puisque c’est du XML). Aujourd'hui SIARD permet d'exporter/importer 4 SGBD (Oracle, SQL-Server, Access et MySQL).

Voilà pour les ateliers.

Pour ce qui concerne les présentations, je ne vais pas toutes les citer mais pour en revenir sur la boîte à outils ASTARE, elle avait été présentée par Nathalie Régagnon. ASTARE est en fait un outil d’aide à la décision suite à la réflexion d’un groupe de travail de l’AAF sur la conduite un projet d’e-archivage dans la sphère publique menée cette année. Il s’agit grosso-modo d’identifier la meilleure stratégie d’archivage en abordant sous forme d’un questionnaire (avec quels acteurs  souhaite-t-on conduire ce projet? avec quels outils? pour quelles finalités?, etc.) Ce questionnaire ne permet évidemment pas d’identifier les documents et les données à archiver («le quoi archiver par exemple»). Tout ça sous Excel…à noter que cet outil sera bientôt accessible sur le site de l’AAF, à suivre donc.

J’ai également beaucoup apprécié les présentations de Rémy Roques du Groupe La Poste et celle de Jean-François Moufflet du SIAF. On retrouve, dans la présentation de Rémy Roques sur le «Projet de dématérialisation des dossiers clients de La Poste» tout le savoir-faire d’Anne Brunel dont j’avais dit un mot dans un billet précédent. Autrement dit, parler simplement de choses très compliquées. Ici, à tous les étages, c’est clarté, simplicité, limpidité du discours, naturellement proche des participants, aucune agressivité dans la parole, répondant aux questions, aisance dans la vulgarisation, aucun pédantisme, aucun terme jargonnant. Qualités retrouvés dans la présentation de Jean-François Moufflet sur les panoramas des éditeurs dans le paysage de l’archivage numérique. Ajoutez ici une utilisation très poussée du Powerpoint avec animations dynamiques, adéquation du discours avec les images, etc. Du travail de pro !

Autrement, ont aussi été évoqués les sujets sur l’OAIS et ses fameux «paquets» SIP, AIP et DIP, sur la GED, les SAE, les RM, le METS, etc., la contractualisation avec les acteurs du processus d’archivage, le contrat de service, la modélisation des échanges (SEDA), les coffres-forts électroniques, les services d’archivage électronique (tiers-archivage), la formation et l’accompagnement des utilisateurs, etc.

Bref, coordonné par Céline Guyon, ce stage a été une réussite, très instructif, très pédagogique, et finalement, on a bien fait de m’y inscrire sans mon consentement suite à une erreur du bureau des formations…